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L’un des trois juges arbitres ayant accordé 403 millions de dédommagement à Bernard Tapie en 2008 a été mis en examen mercredi. Pierre Estoup est accusé d’escroquerie en bande organisée. Les enquêteurs lui reprochent de ne pas avoir fait état, avant l’arbitrage, de sa proximité avec Bernard tapie via son avocat Me Lantourne . Mis en garde à vue, ce dernier a néanmoins été relâché mercredi sans être présenté à un juge.
Bernard Tapie a jugé mercredi soir « incompréhensible » la mise en examen de Pierre Estoup, des poursuites « très graves » qu’il ne s’explique pas. « Il y a forcement dans ce dossier des choses que j’ignore pour que les motifs de la mise en examen soient si graves », a déclaré Bernard Tapie à l’AFP. Car « escroquerie en bande organisée, cela veut dire que c’est très grave », a-t-il constaté.
« C’est d’autant plus incompréhensible que mon avocat, Maurice Lantourne, a été entendu ce matin et qu’il est ressorti » sans que rien ne soit retenu contre lui. « Il n’a pas même interdiction de me voir », a relevé l’homme d’affaires.
« N’ayant pas du tout accès au dossier, cela m’est très difficile de faire un commentaire judicieux », a continué M. Tapie. Mais, a-t-il dit, « j’espère que ce ne sont pas les intoxications répétées des Bayrou, De Courson, Clay et autres Peyrelevade qui ont convaincu les magistrats de cette décision », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le calendrier se précise pour la constitution de partie civile de l’Etat dans le dossier Tapie . Celle-ci interviendra la semaine prochaine. Le gouvernement doit en effet attendre la tenue, en début de semaine prochaine des conseils d’administration du CDR, chargé de gérer les actifs « pourris » du Crédit Lyonnais, et de l’EPFR, l’établissement public actionnaire du CDR. Une fois ces deux instances réunies, probablement lundi et mardi, l’Etat, l’EPFR et le CDR pourront tous trois se constituer partie civile dans le volet non ministériel de l’affaire, instruit à Paris.
Ils auront alors accès au dossier d’instruction et y trouveront peut-être des éléments permettant de déposer « un recours en révision » contre l’arbitrage, rendu en 2008 , qui avait conduit au versement de 403 millions d’euros d’indemnisatés à Bernard Tapie dans le litige sur la vente d’Adidas l’opposant au Crédit Lyonnais et donc désormais au CDR.
« L’Etat défendra toujours ses intérêts », a tenu à souligner François Hollande. Politiquement, cette initiative permet au chef de l’Etat de prouver aux Français qu’il est vigilant sur l’utilisation de leurs impôts et aussi d’être informé de toute avancée de la procédure qui viserait l’entourage de Nicolas Sarkozy. Une procédure amenée de toute façon à durer. Il semble que cette ligne de conduite a été préparée bien à l’avance. Le renvoi, en avril, du président du CDR Jean-François Rocchi, dont le rôle dans cette affaire fait l’objet d’une enquête, et son remplacement par François Lemasson, en constituait un étape.