A Kaboul, les talibans ont aussitôt revendiqué l'attentat dans un SMS envoyé à l'AFP. C'est l'attaque la plus meurtrière contre des soldats français déployés dans ce pays depuis l'embuscade d'Uzbin, qui avait fait dix morts, le 18 août 2008.
L'attentat. «Un terroriste a déclenché sa bombe à proximité des soldats français, blessant grièvement quatre autres soldats français et trois civils afghans», écrit l'Elysée dans un communiqué. Auparavant, Sayed Sakhidad Matin, chef de la brigade criminelle de Kapisa avait déclaré qu'un «kamikaze à pied a visé un convoi de l'armée française dans le village de Gulzarkhail, dans le district de Tagab. Il y a des victimes parmi les soldats français mais je n'ai pas plus de détails».
Une minute de silence à l'Assemblée. François Fillon a salué à l'Assemblée nationale la mémoire des cinq soldats français tués, juste avant que l'hémicyle observe une minute de silence. «Les familles des victimes sont en train d'être informées et c'est d'abord vers elle que je tourne mes pensées fraternelles», a déclaré le Premier ministre. «Je leur adresse, au nom du gouvernement et en votre nom, un message de solidarité et d'affection», a-t-il ajouté, mettant en avant le rôle de reconstruction et de sécurisation de l'armée française. «Leur cause est juste car l'Afghanistan de 2012 n'est plus le sanctuaire du terrorisme international et n'est plus gouverné par le fanatisme», a relevé le chef du gouvernement.
Sarkozy déterminé à rester en Afghanistan. «Le chef de l'État exprime la détermination de la France à continuer d'œuvrer au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) pour rétablir paix et stabilité dans ce pays et contribuer à son développement», a indiqué un communiqué de la présidence, quand bien même il a annoncé mardi le retrait d'un quart des troupes françaises d'ici à fin 2012 et un retrait total d'ici à 2014. Ce calendrier est déjà au cœur de la campagne pour la présidentielle. L'opposition réclame, elle, un retour accéléré des militaires.
Une année sanglante. L'année 2011 est déjà l'année la plus meurtrière pour les forces françaises depuis leur déploiement en Afghanistan. En six mois, le bilan s'est dramatiquement aggravé pour les forces françaises. 17 soldats français sont morts dans le pays depuis le début de l'année, soit près du quart des 69 militaires qui y ont trouvé la mort depuis le déploiement des forces de l'Otan, après le 11 septembre 2001. La plupart ont été victimes d'engins explosifs improvisés (IED), ou tués lors d'accrochages avec les insurgés dans les vallées de l'est du pays, proches du Pakistan. Une région montagneuse qui reste un bastion des talibans, malgré le renforcement de la présence française sur le terrain.

