Le sureffectif concerne environ 350 pilotes, 700 hôtesses et stewards et 1700 à 1800 personnels au sol, selon les éléments contenus dans un document confidentiel. La réorganisation affectera fortement les trois bases de province, en raison du caractère saisonnier de l'activité, avec 188 suppressions de postes prévues à Marseille, 104 à Nice et 90 à Toulouse. «Il est donc nécessaire d'ajuster notre offre entre été et hiver pour limiter nos pertes sur les mois difficiles et d'adapter nos modes de fonctionnement et d'organisation pour prendre en compte cette saisonnalité», indique la direction dans son document.
«Un conflit inévitable», selon un syndicat de pilotes
«Les bases sont mortes pour les salariés d'Air France», a estimé pour sa part le représentant CGT Didier Fauverte au vu des chiffres. «On ne peut plus fonctionner». Pour le représentant CFDT Michel Salomon, «ce plan de départs volontaires est un peu trop gros et ça doit être le dernier parce qu'on a atteint la limite de viabilité». Pour le SPAF, deuxième syndicat majoritaire chez les pilotes d'Air France, le management vieillissant» de l'entreprise est à l'origine du «marasme». «L'absence de dialogue, le non-respect des accords, la violation manifeste de la convention collectif sur les carrières rendent le contexte social avec les pilotes de plus en plus tendu et l'issue vers le conflit inévitable, indique-t-il dans un communiqué.
Dans son document, la direction souligne le »contexte économique de stagnation voire de récession sur la France et une partie des pays européens» qui pèse durablement sur la demande. La concurrence du TGV et des compagnies à bas coûts continue, en outre, de se renforcer avec la perspective du développement du TGV sur la Bretagne et le sud-ouest. Dans le même temps, les compagnies low cost, à l'instar d'EasyJet, ne séduisent plus seulement la clientèle loisirs mais aussi, de plus en plus, la clientèle affaires.
Air France a déjà divisé par cinq ses pertes
Cette réorganisation intervient dans le cadre du plan Transform 2015, lancé en janvier 2012, destiné à gagner deux milliards d'euros d'économies en trois ans dans le groupe Air France-KLM et à ramener la dette à 4,5 milliards fin 2014 contre 6,5 milliards en janvier 2012. Au printemps, la direction a décidé de l'amplifier en raison de la persistance des difficultés financières sur le court et le moyen-courrier chez Air France, ainsi que dans l'activité cargo pour l'ensemble du groupe. Grâce à cette restructuration, Air France-KLM, 4e mondial en chiffre d'affaires, a divisé par cinq sa perte nette, à moins 163 millions d'euros d'avril à juin.


