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Peer Steinbruck à la sortie du palais de l'Elysée, où il venait de rencontrer le président François Hollande, le 5 avril à Paris.
Eric Feferberg/AFP
On prend les mêmes et on recommence ? Si l'on en croit le sondage Forsa publié ce mercredi par RTL et Stern, la coalition actuelle au pouvoir (CDU/CSU-Parti libéral) pourrait à nouveau arriver en tête aux élections du 22 septembre. Jusqu'à présent, aucune majorité claire ne se dégageait : droite et gauche étaient quasiment à égalité.
Selon la dernière version de ce sondage hebdomadaire, si les Allemands devaient voter ce week-end, 41 % voteraient pour les chrétiens-démocrates, 6 % pour les libéraux du FDP, 23 % seulement pour le Parti social-démocrate (SPD), 14 % pour les Verts, 9 % pour die Linke, le parti de la gauche radicale, et 3 % pour les Pirates.
Même en s'associant à die Linke, ce qu'ils excluent, le SPD et les Verts n'obtiendraient que 46 % des voix contre 47 % pour la coalition sortante.
Ce sondage apporte trois indications. Au pouvoir depuis 2005, la CDU d'Angela Merkel reste largement en tête. En revanche, Peer Steinbrück, le candidat du SPD, ne parvient décidément pas à décoller. Les 23 % correspondent au score du Parti social-démocrate aux élections de 2009 qui était son plus bas score historique. Il y a six mois, le SPD flirtait avec les 30 %. Tout risque de dépendre du résultat du Parti libéral. S'il dépasse les 5 %, Merkel a gagné. S'il passe sous cette barre, la CDU devra s'allier avec un de ses adversaires, probablement le SPD.
Seuls 34 % des Allemands le juge "crédible"
Interrogé sur la popularité d'Angela Merkel, Peer Steinbrück avait déclaré dans l'entretien publié hier par Le Monde : "Elle passe pour la défenseure des intérêts du contribuable allemand. C’est populaire dans une Allemagne qui ne veut pas devenir la vache à lait de l’Europe. Je suis d’un avis différent : nous devons être conscients que l’Europe ne peut fonctionner que si elle est solidaire envers ceux qui traversent des difficultés." Ce n'est qu'une partie de la vérité. Les sondages montrent également que seulement 34 % des Allemands juge Peer Steinbrück "crédible", 32 % le trouvent "sympathique" et 40 % pensent qu'il se bat pour la justice sociale, thème qui est pourtant au cœur de sa campagne.
Dimanche, M. Steinbrück passe à nouveau son grand oral en présentant son programme lors d'un congrès extraordinaire du SPD. Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'a pas droit à l'erreur.