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Par Manuel Moragues - Publié le <time datetime="2014-12-19T17:17" itemprop="datePublished">19 décembre 2014, à 17h17 lien </time>

Un score écrasant à l’assemblée générale extraordinaire d’Alstom : 99,187% des actionnaires votants ont approuvé la vente à General Electric du pôle énergie du groupe français.
C’est fait ! Sans surprise et avec un score à la nord-coréenne (99,187 %), les actionnaires d’Alstom ont entériné la vente du pôle énergie du groupe à l’américain General Electric. L’assemblée générale extraordinaire de ce vendredi 19 décembre était la dernière étape clé. Il ne reste plus que l’obtention d’autorisations, notamment des autorités de la concurrence d’environ 25 pays, pour que le futur ex-champion français du rail et de l’énergie boucle cette opération hors-normes, avant la fin du premier semestre 2015.
70% du périmètre du groupe se retrouveront chez GE : les réseaux électriques, les centrales thermiques, les énergies renouvelables. Les "alliances industrielles" que les deux industriels avaient dû concéder en juin 2014 à Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Economie, se sont réduites à de simples participations financières d’Alstom dans des coentreprises contrôlées par GE. Bien loin de se retrouver avec un trésor de guerre, Alstom, recentré sur le transport ferroviaire, sortira de l’opération avec une trésorerie nette de dette tout juste nulle. De quoi s’inquiéter pour l’avenir du chef de file de la filière ferroviaire française, dans un monde du rail en pleine mutation.
La quasi-totalité des actionnaires qui se sont exprimés, Bouygues en tête, n’ont pas eu d’états d’âme. Ils devraient recevoir, à la clôture de l’opération, entre 3,5 et 4 milliards d’euros sous la forme de rachats d’actions. Un montant, annoncé début novembre, pratiquement double de celui attendu par les marchés. Le PDG d’Alstom, Patrick Kron, doit recevoir, si la cession aboutit, une rémunération exceptionnelle équivalente à 150000 actions, soit environ 4 millions d’euros.
La CGT a dénoncé cette "prime de Noël". Il faut dire que le raisonnement du conseil d’administration peut laisser songeur : les objectifs initiaux du PDG, basés sur la performance d’Alstom, ne sont plus adaptés vu la cession en cours ; c’est donc le "succès de la transaction" qui conditionne désormais la prime de Patrick Kron. Si Alstom en est réduit à se vendre avant qu’il y ait "le feu à la maison", selon les termes du PDG, il est difficile d’y voir un bon niveau de performance du groupe et de son PDG...
Manuel Moragues