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Par Richard Heuzé Mis à jour <time class="updated" datetime="04-10-2011T22:07:00+02:00;">le 04/10/2011 à 22:07 | publié <time datetime="04-10-2011T21:53:00+02:00;" pubdate="">le 04/10/2011 à 21:53 </time> </time>

«Amanda est libre de faire fortune», titrait mardi le Daily Mail de Londres, après le verdict d'acquittement qui a permis à la jeune Américaine Amanda Knox et à son ex-compagnon italien Raffaele Sollecito de recouvrer la liberté après 1 448 jours d'emprisonnement.
À peine libérée, Amanda a pris mardi matin un vol de ligne pour gagner Londres, d'où elle devait aussitôt repartir pour Seattle, sa ville natale. Encore marquée par la tension des derniers jours, ayant perdu le sourire qui lui a valu le surnom de «tête d'ange», la jeune femme s'est engouffrée en dernier dans l'avion, sous forte escorte policière. Dans une lettre envoyée avant son départ, elle a remercié les Italiens qui l'ont soutenue tout au long de ces quatre années «d'injuste détention» et l'ont «toujours cru innocente» du meurtre de sa colocataire britannique Meredith Kercher, retrouvée violée et égorgée à 21 ans dans sa chambre de Pérouse le 1er novembre 2007. À ses avocats, elle a dit se réjouir que «le cauchemar prenne fin: je ne suis pas une perverse, une mangeuse d'hommes, la Sharon Stone de Basic Instinct. J'ai supporté l'insupportable. J'ai souffert de ne pas être crue. Je veux reconquérir ma joie de vivre.»
Aux États-Unis, une vie nouvelle attend «l'héroïne» tirée des griffes de la justice italienne. Des contrats d'interviews exclusives à un million de dollars auraient déjà été signés par ses parents. Ainsi qu'un projet de livre, un scénario pour la télévision et un script de film. L'Amérique a vibré à son procès, retransmis par les télévisions. Les «Amanda Clubs» ont essaimé. À Seattle, des dizaines de parents et d'amis réunis ont applaudi à tout rompre quand les télévisions locales ont retransmis le verdict en direct. De Washington, le département d'État a fait parvenir ses remerciements à la justice italienne pour sa «considération» dans cette affaire.
La presse britannique, elle, rend hommage à Meredith Kercher, «la victime oubliée». Les Kercher, venus à Pérouse, ont commenté le verdict avec dignité. Stéphanie et Lyle, sa sœur et son frère, ont déclaré «croire en la justice italienne» et «respecter la sentence». Mais sans pouvoir accorder leur pardon tant que tous les coupables n'auront pas été condamnés. David Cameron, le premier ministre, leur a adressé un message de soutien.
L'accusation parle d'un «déni de justice» et compte se pourvoir en cassation. «Jamais la justice n'avait subi une telle pression médiatique. On ne peut plus aller de l'avant ainsi», affirme Manuela Comodi, l'une des deux substituts. Elle se déclare convaincue que «deux assassins ont été remis en liberté».
En cassation, il faudra reprendre les preuves produites aux deux procès et si possible identifier les complices du seul condamné dans cette singulière affaire, l'Ivoirien Rudy Hermann Guede, qui purge seize ans de prison. Les magistrats restent convaincus que le meurtre a été commis «en réunion».
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