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Séquestrée par sa famille depuis qu'elle a publié des photos seins nu pour les Femen, la tunisienne Amina Tyler a réussi à prendre la fuite. Lundi, les Femen ont publié une conversation vidéo avec la jeune fille de 19 ans et assurent qu'elle est en sécurité. Photo : Photo Facebook d'Inna Shevchenko, cofondatrice du mouvement féministe, en France depuis le mois d’août
Amina Tyler est-elle enfin libre ? C'est ce qu'assure le groupe Femen qui vient de publier sur sa page Facebook une conversation vidéo avec la jeune fille de 19 ans. Alors que tout le monde la croyait disparue depuis le 22 mars dernier, des journalistes de Canal + avaient retrouvé la première Femen tunisienne il y a quelques jours. Elle avait alors déclaré avoir l'interdiction de sortir de chez elle et avoir été battue par son cousin. C e lundi, sa mère déclare que la jeune femme, qui avait publié sur Internet des photos d'elle seins nus à la manière du groupe féministe, a quitté le domicile familial. Personne ne sait où elle se trouve, mais les Femen assurent qu'elle est en sécurité.
"Amina, la première Femen tunisienne s'est enfuie de chez ses parents. Dans une conversation Skype, elle nous raconte les horreurs qu'elle a subie durant sa séquestration. Sa famille l'a drogué aux médicaments, a essayé de la forcer à lire des passages du Coran", peut-on lire sur la page Facebook Femen France. La vidéo, effectivement en ligne, montre Amina, plutôt souriante, qui revient sur les faits et confirme avoir été séquestrée. "Elle m’a téléphonée et m’a dit: "Inna, je suis là! C’est moi! C’est Amina!", relate à Paris Match , Inna Shevchenko, cofondatrice du mouvement féministe, en France depuis le mois d’août. "A ce moment-là, elle était avec des amis à Tunis, mais elle a bougé pendant le week-end", a-t-elle précisé. A la question de savoir si les Femen l’avaient aidée à s’échapper, la Femen a répondu par la négative. "Elle s’est enfuie par elle-même, mais nous l’avons aidée à trouver un endroit dans lequel elle serait en sécurité".
"D'abord je fais une action topless, et après ça seulement je quitterai la Tunisie"
La semaine dernière, filmée par une équipe de Canal+, la jeune fille paraissait en effet être sous l'emprise de médicaments. Mais la mère d'Amina s'est justifiée lundi en précisant qu'elle suivait un traitement. "J'ai peur pour ma fille qui suit un traitement psychiatrique depuis six ans", a-t-elle déclaré, précisant qu'elle venait de demander conseil au médecin d'Amina à Tunis et qu'elle comptait aussi se rendre dans l'après-midi au ministère de l'Intérieur pour déclarer la fugue de sa fille.
Lors de son interview pour Canal+, Amina confirmait son soutien inconditionnel aux Femen. Courageuse ou inconsciente, elle reste encore déterminée à défendre la cause des femmes. "Elle est maintenant en sécurité, et elle est déjà en train de planifier ses prochaines activités en tant que Femen. Nous lui avons proposé de quitter son pays, et elle a fermement répondu : "D'abord je fais une action topless, et après ça seulement je quitterai la Tunisie", écrivent les Femen dans un communiqué.
La confusion règne depuis le début dans cette histoire. Séquestrée pour ses soutiens, mise à l'abri selon sa famille, de multiples arguments contradictoires n'ont cessé d'être donnés. "Des parties instrumentalisent l'histoire de ma fille au détriment de son intérêt (...). Il n'y eu jamais d'histoire de kidnapping, nous essayons simplement de protéger notre fille en refusant de la laisser sortir toute seule par mesure de sécurité", a déploré la mère d'Amina. A l'inverse, les Femen assurent qu'elle a été enlevée et retenue contre sa volonté, ce que confirme Amina dans la vidéo. Le groupe a lancé une campagne pour faire pression contre le gouvernement de son pays, comme vendredi dernier lorsqu'elles ont "attaqué" le président tunisien Moncef Marzouki en visite à Paris. Pour l'heure, le dénouement paraît toujours incertain pour Amina.