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Le jeu de massacre continue. Depuis des mois, Apple est devenu le souffre-douleur de Wall Street. L’action du fabricant de l’iPhone a perdu cette semaine 7% pour tomber, sous les 400 dollars pour la première fois depuis novembre 2011. Cet automne-là, Steve Jobs, le génial fondateur de la firme à la pomme, venait de disparaître, laissant l’entreprise dans une profonde incertitude sur son avenir. Le fantastique succès de l’iPad, puis le lancement de l’iPhone 5 avaient fini par dissiper les doutes et l’action avait repris sa folle ascension jusqu’à 700 dollars. Une valorisation aussi irrationnelle que la sanction dont le titre fait l’objet aujourd’hui.
Dans le palmarès des variations annuelles, l’action Apple côtoie désormais des valeurs à la dérive comme le distributeur américain de vêtements, J.C.Penney, qui pourtant affronte des difficultés autrement plus importantes que celles que traverse Apple. Est-ce bien raisonnable pour une entreprise qui vend plus d’iPhones et d’iPad que jamais?
La Bourse achète le futur, répondront les sceptiques. Mais Apple n’est-il pas en train de pâtir d’un traitement sévère? Comme le souligne le New York Times, si l’on considère les valeurs, qui composent l’indice Standard & Poor’s 500, le marché est prêt à payer 15 dollars en moyenne pour chaque dollar de bénéfice. Pour Apple, ce ratio est désormais tombé à 9 dollars . Cela signifie tout bonnement que les investisseurs estiment qu’Apple va croître bien moins rapidement que la moyenne des entreprises américaines. On peut en douter.
Les ventes d’iPhone restent fortes. Verizon, l’un des principaux opérateurs téléphonique américains vient d’indiquer qu’il en a commercialisé 4 millions au premier trimestre, dont la moitié d’iPhone 5, contre 3,2 millions sur les trois premiers mois de 2012.
A force de trop briller, Apple est aujourd’hui victime des hedge funds, qui jouent la valeur à la baisse, l’entraînant ainsi dans une spirale destructrice, sans rapport avec les performances réelles de l’entreprise. La rançon de la gloire, façon Wall-Street: plus on monte haut, plus la chute est violente.
Face à l’intensification de la concurrence et en attendant le prochain produit qui va à nouveau enflammer les ventes, Tim Cook, le successeur de Steve Jobs garde tout de même un atout dans ses mains pour arrêter le jeu de massacre: utiliser une partie des 137 milliards de dollars de trésorerie qui sont à sa disposition pour verser un dividende plus conséquent. Jusqu’à présent il s’y est refusé. Mais plus il attendra, plus il donnera le sentiment d’agir sous la pression de l’irrationalité du marché.