Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Modifié le 19-10-2012 à 20h39 lien
Temps de lecture : 2 minutesÉdité par Louise Pothier Auteur parrainé par Aude Baron

La une du Parisien Mag fait le buzz avec Arnaud Montebourg en marinière, le 18 octobre 2012 (Capture)
Pour Renaud Revel rédacteur en chef à "L'Express" qui s'exprimait ce matin au micro d'Europe 1 dans "le Grand direct des médias", animé par Jean-Marc Morandini, Arnaud Montebourg a fait une "erreur de communication fondamentale". Et pourtant, Arnaud Montebourg n'a pas vraiment le choix.
Depuis qu'il a accepté le cadeau empoisonné de François Hollande, le ministre du "Redressement productif" nage en pleines contradictions entre les paroles, les actes et surtout les résultats. Le chantre de la démondialisation a produit en quelques mois, en arpentant le terrain des plans sociaux un stock d'images négatives qui ont parlé d'elles-mêmes : insultes, sifflets, quolibets, carton rouge... De quoi détériorer une réputation pour toujours.
Le défenseur des causes perdues n'a pas une tâche facile. Sa tâche ? Comment conserver un positionnement cohérent de justicier au grand coeur, fervent apôtre de la démondialisation, opposant farouche au grand capital et protecteur des pauvres ?
Quand l'enjeu de redresser l'appareil productif d'un État endetté s'avère une mission quasi-impossible, du moins pour un seul homme, il vaut mieux se concentrer sur un enjeu tout aussi essentiel, préserver sa réputation politique coûte que coûte pour l'avenir. En effet, à ce rythme, Arnaud Montebourg allait tout droit dans le mur, incapable de tenir ses promesses, de tenir un cap, de changer le destin de femmes et d'hommes victimes de la crise.
La publicité, le seul recours de Montebourg
À défaut de réaliser un "choc productif", Arnaud Montebourg a donc raison d'accomplir un choc publicitaire. Dans ce contexte, il ne peut compter que sur lui-même pour déplacer le débat sur la forme. Les communicants du ministre du Redressement productif l'ont bien compris. Il faut casser la séquence d'images détestables, terrible symbole de l'impuissance politique.
En ce sens, l'opération marketing est un succès. Elle suscite de multiples réactions comme celle de Laurence Parisot, présidente du Medef qui trouve la "photo sexy". On croit rêver. On se concentre sur l'apparence, on oublie la réalité. On débat des effets produits par la publicité et non des effets de la crise sur l'emploi. Bref, on déplace intelligemment le redressement de la France du fond vers la forme pour sauver le soldat Montebourg.
Cette publicité est-elle efficace ? À mon sens, oui, elle est une belle réussite. Je ne partage pas l'avis de Renaud Revel. Quand on est un acteur impuissant, autant se mettre en scène et produire des représentations visuelles qui serviront pour plus tard. Le poids des mots n'est rien devant le choc des photos. La bataille est ouverte. La publicité et la dramaturgie sont les seuls recours pour Arnaud Montebourg qui lui permettront de défier les images produites par les faits.