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Les sondages sont sans appel : l’ancien Premier ministre conservateur Shinzo Abe est le grand favori des élections législatives anticipées du 16 décembre. Le chef du Parti libéral démocrate (PLD) devrait ainsi faire son grand retour à la tête du gouvernement, cinq ans après avoir déjà occupé cette fonction. Désavoué par les Japonais à cause de mesures controversées, son impopularité l’avait poussé à quitter son poste en septembre 2007, un an après son arrivée au pouvoir.
Connu pour son image de belliqueux, Shinzo Abe prévoit la modification, voire la suppression pure et simple de l'article 9 de la Constitution, qui empêche actuellement le pays d'entrer en guerre.
Une proposition jugée ultra-conservatrice que Shinzo Abe partage avec son allié, le nationaliste Shintaro Ishihara, leader du parti d’extrême droite pour la restauration du Japon (PRJ), troisième force du pays, selon les sondages.
Shintaro Ishihara, le provocateur du conflit des îles Senkaku
Crédité de 10 % d’intentions de vote, Shintaro Ishihara a mené une campagne particulièrement offensive et centrée sur le conflit qui oppose le Japon à son voisin chinois à propos d’un archipel que les deux pays se disputent. "Je ne veux pas que notre pays devienne le prochain Tibet, et c’est bien ce qu’il risque de se passer si nous abandonnons les îles [Senkaku/Diaoyu]", a-t-il notamment déclaré, allant même jusqu’à qualifier les Chinois d’"ignorants".
Réputé pour ses propos acerbes, Shintaro Ishihara est considéré comme l’un des responsables de la crise sino-japonaise. Il y a quelques mois, il annonçait son intention de racheter les îles de la discorde, provoquant une vague de protestation anti-japonaise en Chine et un boycott des produits nippons. Le monde des affaires pâtit particulièrement du conflit à l’heure où l’économie japonaise ne peut se le permettre.
Durant sa campagne, il a également déclaré que le tsunami de mars 2011 ayant fait plus de 19 000 morts n’était qu’une "punition divine", ou encore que les étrangers étaient "responsables de la plupart des crimes graves" dans le pays. Autant de déclarations qui ont achevé de lui tailler une réputation de non-conformiste qui n’a pas sa langue dans sa poche.
Shinzo Abe, un pro-nucléaire et va-t-en-guerre
Parmi les autres propositions phare de Shinzo Abe, un non-abandon du nucléaire, bien que le gouvernement actuel de Yoshihiko Noda se soit engagé, sans préciser les contours de cette mesure, à en sortir définitivement d’ici à 2040. Même si 70 % de la population, encore traumatisée par le drame de Fukushima, se dit contre le nucléaire, il ne s’agit pas d’une priorité pour les Japonais davantage préoccupés par leur économie et les questions sociales.
À en croire les sondages qui le distancent de Shinzo Abe, c'est justement sur ces points que le chef du gouvernement sortant, Yoshihko Noda, du Parti démocrate du Japon (PDJ), n’a pas convaincu.
À gauche, le Parti communiste ou encore le Parti social-démocrate ne devraient pas dépasser les 4 % des voix.