<figcaption data-caption="Des forces de police devant le Musée juif de Bruxelles, le 24 mai. | AP/Yves Logghe">Des forces de police devant le Musée juif de Bruxelles, le 24 mai. | AP/Yves Logghe</figcaption></figure>
Au moins trois personnes ont été tuées et une autre gravement blessée lors d'une tuerie au Musée juif de Belgique, à Bruxelles. L'attaque a eu lieu samedi 24 mai à 15 h 50, rue des Minimes au Sablon, un quartier chic du centre de la capitale belge, a indiqué le porte-parole des pompiers de Bruxelles, Pierre Meys. Douze personnes gravement choquées ont été prises en charge par les servicesd'assistance. Le quartier a été bouclé et la sécurité a été renforcée aux alentours de tous les lieux liés à la communauté juive de Belgique.
« Les victimes sont deux hommes et une femme, ainsi qu'un homme grièvement blessé qui a été évacué », a indiqué le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, à l'antenne de la RTBF. Les victimes ont été touchées à l'intérieur du musée par une ou plusieurs balles au visage et à la gorge, mais il n'a pas été précisé s'il s'agissait de visiteurs ou de membres du personnel du musée.
Un témoin, Alain Sobotik, a déclaré avoir vu « deux corps » dans le hall d'entrée du musée. « Il y avait une jeune femme, avec du sang sur la tête. Elle tenait encore un dépliant dans les mains, on aurait dit une touriste », a déclaré ce témoin, joint par téléphone
Toutes les actualités, témoignages et conseils pour réussir votre développement à l'international sont sur Planète Business avec HSBC et LeMonde.fr Supplément partenaire."
Le quartier est très fréquenté par les touristes en raison notamment de la présence d'antiquaires. De nombreux Bruxellois se trouvaient par ailleurs dans les rues avoisinantes pour profiter des concerts gratuits donnés à l'occasion duBrussels Jazz Marathon. L'attaque survient à la veille d'élections fédérales, régionales et européennes en Belgique.
- Un suspect interpellé
<figure>
</figure>
Le parquet a confirmé en début de soirée qu'un suspect a été interpellé. « Cette personne a avoué avoir été présente sur les lieux », mais elle est encore interrogée et rien n'indique si elle est l'auteure des coups de feu, a expliqué Ine Van Wymersch, la porte-parole du procureur lors d'une conférence de presse, samedi soir.
Le parquet a précisé qu'une autre piste menait à une personne ayant fui les lieux du drame à pied, et que les images des caméras de vidéosurveillance étaient étudiées. Lors de sa conférence de presse, Ine Van Wymersch a par ailleurs expliqué que « tout était possible » concernant le mobile du ou des tueurs, ne confirmant ni n'infirmant l'hypothèse d'un acte antisémite. Une instruction pour « assassinat » a été ouverte.
Selon des témoins, les auteurs de l'attaque étaient deux. L'un serait resté à proximité de la voiture, garée en double file, pendant que son comparse, qui portait« un sac noir », passait à l'attaque. Des témoins ont relevé la plaque d'immatriculation du véhicule.
- « Pas de conclusion définitive » sur un mobile antisémite
<figure>
</figure>
Le ministre des affaires étrangères, Didier Reynders, qui se trouvait dans le quartier aux moments des faits, a été l'un des premiers à se rendre sur les lieux, et a prévenu les secours. Il est resté prudent quant à la possible nature antisémite de l'attaque. « Mais c'est évident qu'on pense à ça », a-t-il dit, en citant l'affaire Merah, du nom du Franco-algérien qui avait tué quatre juifs, dont trois enfants, et trois militaires à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, en 2012.
« On ne peut pas tirer de conclusion définitive, mais c'est une fusillade qui s'est déroulée dans un lieu qui n'est pas anodin, il y a de fortes présomptions » qu'il s'agit d'un acte antisémite, a estimé la ministre de l'intérieur Joëlle Milquet à La Libre Belgique. Cette dernière, également présente dans le quartier au moment des faits, s'est rendue immédiatement sur les lieux.
Le Musée juif de Belgique se trouve dans une zone sous haute surveillance, non loin de la synagogue de Bruxelles qui a, par le passé, été la cible d'attentats. En 1982, un homme armé d'un pistolet-mitrailleur avait ouvert le feu à l'entrée de la synagogue de Bruxelles, située à quelques centaines de mètres de la place du Sablon, faisant quatre blessés, dont deux graves.
- Israël dénonce le résultat de « l'incitation à la haine permanente »
« Cela ressemble très fort à un acte voulant semer la terreur », a estimé le bourgmestre de Bruxelles, indiquant que beaucoup de Bruxellois sont sous le choc après cette attaque. Le premier ministre, Elio Di Rupo, s'est lui aussi dit« très choqué ».
« C'est un acte terroriste, l'assassin est entré délibérément dans un musée juif »,a déclaré le président de la Ligue belge contre l'antisémitisme (LBCA), Joël Rubinfeld. « Cela devait hélas arriver, il y a eu une libération de la parole antisémite. C'est le résultat inévitable d'un climat qui distille la haine », a déploré le président de la LBCA.
Dans la soirée, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a condamné l'attaque, affirmantn qu'il s'agissait du résultat de « l'incitation à la haine permanente » contre les Juifs et Israël.
Lire les réactions internationales : Israël dénonce le résultat de « l'incitation à la haine permanente »
Les autorités belges s'inquiètent depuis des années du départ de combattants djihadistes et des actes qu'ils pourraient commettre lors de leur retour au pays. Selon les chiffres officiels, quelque 200 ressortissants belges sont partiscombattre en Syrie, dont une cinquantaine sont rentrés.
Le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, a assuré samedi 24 mai que les mesures de protection des lieux juifs avaient été immédiatement renforcées après la fusillade au Musée Juif de Bruxelles, a indiqué le président du consistoire israélite de France, Joël Mergui.
« Le ministre de l'intérieur m'a assuré de son soutien, de sa vigilance et du renforcement immédiat des mesures de protection devant les lieux juifs en France », a dit M. Mergui, qui venait de s'entretenir longuement par téléphone avec M. Cazeneuve.