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Au nom de la «cohérence», Hollande se prive de son aile gauche

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Au nom de la «cohérence», Hollande se prive de son aile gauche
JOEL COSSARDEAUX / CHEF DE SERVICE ADJOINT ET ELSA FREYSSENET / CHEF DE SERVICE ADJOINTE | <time datetime="2014-08-25T20:38:12+02:00">LE 25/08 À 20:38, MIS À JOUR À 21:14</time>
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Francois Hollande ce lundi sur l’île de Sein. - AFP

 
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En désaccord avec la politique économique menée, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti ont quitté le gouvernement. Manuel Valls est chargé de constituer une équipe « en cohérence avec les orientations » du chef de l’Etat.

A la crise économique s’ajoute désormais la crise gouvernementale. Les derniers représentants de l’aile gauche de la majorité ont quitté ce lundi le gouvernement. Sommés d’adhérer sans plus barguigner à la politique économique de l’offre choisie par le président et soutenue par le Premier ministre, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti ont rendu leur tablier. « Il ne pouvait pas y avoir de crise d’autorité au gouvernement », confiait un proche de Manuel Valls.

 

Car c’est bien d’une démonstration d’autorité qu’il s’agit. Il est trop tôt pour savoir qui de Manuel Valls ou de François Hollande fut le plus allant, l’Elysée ayant tenu à faire savoir dès ce lundi matin qu’il y avait « un consensus absolu sur l’analyse de la situation et la réponse qu’il ­convenait d’y apporter » entre le président et le Premier ministre. Le chef du gouvernement jouait là son capital politique : « Il a compris que s’il ne bougeait pas, il se transformait en Ayrault bis », explique un proche. Quand au président, qui « va affronter le sommet européen le plus important de son quinquennat » à la fin de la semaine à Bruxelles, il n’aurait, dixit un ministre, pas apprécié « la désinvolture » d’Arnaud Montebourg à son égard et pas accepté ses phrases sur l’« alignement » de l’exécutif français sur « la droite allemande ». « Ce n’est pas une crise, c’est une remise en ordre », assurait un autre ministre, ­proche du président.

Sauf qu’Arnaud Montebourg ne part pas seul. Dans la matinée encore, l’exécutif espérait retenir le ministre de l’Education nationale, Benoît Hamon, qui compte une douzaine de proches à l’Assemblée. Et que les termes utilisés par les démissionnaires vont faire des dégâts politiques à gauche. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a dit préférer « la loyauté à ses idéaux » au « devoir de solidarité » gouvernementale.

Taubira réfléchit

« Les faits économiques sont têtus. Nous avons une responsabilité collective d’interrompre ce coulage économique par l’austérité. Si aucune correction n’est décidée, ce sont des chômeurs en plus que nous pourrions éviter, des entreprises en faillite en plus qui relèveraient de notre propre et lourde responsabilité » a déclaré Arnaud Montebourg, lors d’une conférence de presse à Bercy.

Et maintenant ? Manuel Valls doit dévoiler mardi une équipe gouvernementale « en cohérence avec les orientations de François Hollande ». Plus question de s’encombrer de frondeurs ; plus question non plus de statut particulier au sein du gouvernement. Le Premier ministre a reçu tous les ministres un par un ce lundi pour s’assurer de leur fidélité et de leur discipline. A l’issue de cette série de rendez-vous, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, en délicatesse depuis plus d’un an avec le Premier ministre, n’avait pas fait connaître de volonté de quitter ses fonctions. Elle est en réflexion, assurait ce lundi soir un proche de Benoît Hamon.

La patronne des Verts ferme la porte

Dans tous les cas de figure, le Premier ministre devrait faire appel à quelques nouveaux entrants. L’exécutif regarde du côté des écologistes qui ont regretté au printemps le départ du gouvernement de Cécile Duflot et Pascal Canfin. Entrer au gouvernement ? « On ne nous l’a pas proposé », a indiqué Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), avant de fermer la porte à cette éventualité. « Les conditions n’étaient pas réunies en avril, elles le sont encore moins aujourd’hui », a-t-elle indiqué. Une manière sans doute de couper court à toute vocation au sein de son mouvement. Il y a quelques jours encore, Jean-Vincent Placé et François de Rugy, qui président les deux groupes parlementaires d’Europe Ecologie-Les Verts, indiquaient n’être pas hostiles à un retour au gouvernement.

Du résultat de ces tractations dépendra l’assise de l’exécutif au Parlement. Elle s’annonce dans tous les cas de figure très étroite.

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