
Depuis cinq mois que les islamistes occupent le Nord-Mali, les habitants apprennent à vivre sous le règne de la charia (loi islamique) qui entre parfois en contradiction avec les us et coutumes de la région. L'un de nos Observateurs a filmé un mariage à Gao où, pour ne pas s'attirer d'ennuis, les futurs époux ont troqué les longues festivités traditionnelles contre une unique cérémonie religieuse, célébrée dans la plus grande sobriété.
Depuis qu’ils contrôlent la région, les islamistes ont fait savoir que seuls les couples mariés seraient tolérés. Le 20 juin, à Tombouctou, ils ont puni de 100 coups de fouet deux personnes qui entretenaient une relation hors mariage. Le soir même, ils annonçaient fièrement que les deux jeunes gens étaient désormais mariés, une union célébrée par celui qui avait exécuté la sentence. Un mois plus tard, dans la ville d’Aguelhok, un couple non marié était condamné à la lapidation.
Traditionnellement, les mariages au Mali durent plusieurs jours. Les festivités peuvent même s’étaler sur une semaine chez certaines ethnies. Après la cérémonie religieuse, animée par un marabout choisi par les familles, les mariés et leurs convives chantent, dansent et jouent de la musique une partie de la nuit. Le plus souvent, la fête a lieu au grand air, devant la maison. Puis, la mariée et son époux vivent plusieurs jours dans une maison prêtée par l’entourage, où ils reçoivent des cadeaux durant diverses célébrations. Enfin, les époux regagnent la maison du mari où ils s’installent définitivement.
Mais dans une région où les interdits se multiplient (la télévision, la musique occidentale, le football ou encore la consommation d’alcool et de tabac sont jugés "illicites" par les musulmans extrémistes), les futurs époux font désormais le choix de l’austérité.