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Au Paraguay, le général Lino Oviedo, tombeur du dictateur Stroessner, est mort

Au Paraguay, le général Lino Oviedo, tombeur du dictateur Stroessner, est mort

Le général Lino Oviedo est mort dans un accident d’hélicoptère, samedi 2 février, près de Concepcion, au Paraguay. Il briguait pour la seconde fois la présidence de la République.

Son principal titre de gloire était d’avoir renversé le général Alfredo Stroessner, le dictateur qui avait dominé le Paraguay pendant trente-cinq ans, entre 1954 et 1989.

Le coup d’Etat contre Stroessner avait valu au général Oviedo une popularité jamais démentie, qui avait favorisé son ambition politique.

Lino Oviedo était né à Juan de Mena (Paraguay), le 23 septembre 1943, dans une famille de militaires marqués par la guerre du Chaco contre la Bolivie (1932-1935). Il avait fait carrière dans les blindés et prôné la création d’un service de renseignements, avant de retourner sa veste et de donner le coup de grâce à la dictature de Stroessner.

Le putschisme était une seconde nature chez Oviedo. En 1996, alors qu’il était commandant de l’armée de terre, il se dresse contre le président Juan Carlos Wasmosy, soupçonné à juste titre de corruption. La justice militaire absout le général des accusations de conspiration, mais il passe au cadre de réserve.

L’affrontement rebondit au sein du vieux Parti Colorado, le parti dominant du régime de Stroessner. Lorsqu’Oviedo devient le candidat colorado à la présidence de la République, Wasmosy saisit la Cour suprême, qui finit par condamner le général putschiste à la prison.

Il s’ensuit un incroyable feuilleton de trahisons, morts suspectes et coups de théâtre qui amènent Oviedo à se réfugier en 1999 au Brésil, où il a toujours disposé de soutiens. Même exilé, il était soupçonné d’être à la manœuvre chaque fois qu’on entendait des bruits de bottes au Paraguay.

En 2004, Oviedo préfère purger sa peine au pays, plutôt que d’être loin des événements. Son rêve d’une candidature à la présidence se réalise enfin en 2008, mais il perd face à l’ancien évêque Fernando Lugo.

En vue des élections du 21 avril 2013, Oviedo avait repris sa campagne avec ses fidèles de l’Union nationale des citoyens éthiques (Unace), une dissidence du Parti Colorado. Il rentrait d’un meeting à Concepcion lorsque son hélicoptère s’est crashé.

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