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Face à la contestation des « poussins » , nom donné au mouvement lancé par des autoentrepreneurs sur le net il y a quelques jours, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a apporté des précisions sur les projets de réforme du gouvernement. Il a tout d’abord promis que le régime des autoentrepreneurs ne serait pas limité dans le temps à l'exception de ceux du bâtiment qui, selon lui, font aux artisans une concurrence « qui peut s'avérer inacceptable ». « Les auto-entrepreneurs, c'est un statut (...) qui permet de créer très rapidement une entreprise, donc il faut le sécuriser : je rassure tous ceux qui s'inquiètent », a-t-il déclaré à quelques journalistes à Annonay dans l'Ardèche.
« Il y a un problème qui a été soulevé par les artisans du bâtiment, parce que là il y a en effet une concurrence qui peut s'avérer inacceptable pour les professionnels », a-t-il néanmoins ajouté. Le « bâtiment, cela demande énormément de compétences, de savoir-faire, de respect d'un certain nombre de règles: sécurité, environnement, réglementation », a-t-il expliqué. « Donc ce qui est proposé, c'est que lorsqu'un auto-entrepreneur dans le bâtiment s'installe, au bout de deux ans, si son entreprise est viable, il rejoint le droit commun », a déclaré Jean-Marc Ayrault.
« Pour tous les autres (...), je pense par exemple à des auto-entrepreneurs qui vont s'installer dans les métiers du numérique, il faut qu'ils soient rassurés, qu'ils soient sécurisés, c'est le message que j'annonce. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir », a-t-il poursuivi. « Le gouvernement, au contraire, souhaite un maximum de possibilités pour les créateurs d'entreprises mais, quand un problème concret se pose, c'est vrai dans le secteur du bâtiment, il faut aussi avoir le courage de le traiter », a-t-il lancé.
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Jusqu’ici, le gouvernement avait annoncé son intention de limiter dans le temps - a priori pour deux ans - la possibilité d’utiliser le régime d’autoentrepreneur pour une activité principale (les activités exercées à titre secondaire restant illimitées dans le temps), et avait aussi évoqué l’idée d’un abaissement du plafond de chiffre d’affaires pour les seules activités secondaires. Un projet qui avait provoqué une vive colère des autoentrepreneurs. Vendredi, la Fédération des auto-entrepreneurs (Fedae) a demandé que la ministre de l’Artisanat Sylvia Pinel soit dessaisie du dossier de la réforme de ce régime au profit de Fleur Pellerin, ministre des PME « dont le portefeuille représente 80% de la population auto-entrepreneuriale ».
Avant le Premier ministre, la ministre du Budget, Bernard Cazeneuve s’était également voulu rassurant . Il avait indiqué vendredi que le gouvernement comptait simplement procéder à des changements « à la marge » du statut d’auto-entrepreneur. Et vait affirmé qu’il n’est « pas question » de le remettre en cause.
L’Union des auto-entrepreneurs (UAE) a pour sa part proposé vendredi l’intervention d’un médiateur pour tenter de résoudre des désaccords au sujet d’un projet de réforme du régime de l’auto-entrepreneur présenté par la ministre de l’Artisanat Sylvia Pinel.