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LEMONDE.FR avec Reuters, AFP | 13.01.12 | 15h35 • Mis à jour le 13.01.12 | 23h18

L'agence de notation Standard's & Poor a dégradé la note de la France d'unn cran, vendred. Une décision synonyme de perte du triple A.AFP/PHILIPPE HUGUEN
Tous les pays de la zone euro sont désormais en perspective négative, sauf l'Allemagne et la Slovaquie.
"CE N'EST PAS UNE BONNE NOUVELLE"
Le ministre de l'économie français, François Baroin, avait confirmé, au journal télévisé de France 2, les informations de dégradation de la note française par S&P qui ont filtré depuis le milieu de l'après-midi. "Ce n'est pas une bonne nouvelle", a concédé le ministre, tout en soulignant que ce n'était qu'une "demi-surprise".
M. Baroin a estimé que c'était "l'équilibre général des finances" qui était sanctionné. Il a toutefois tenu à tempérer les conséquences de cette dégradation. "Ce ne sont pas les agences de notation qui font la politique de la France, a-t-il martelé. Nous sommes dans la bonne direction." Il a de nouveau écarté un éventuel troisième plan de rigueur en France.
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DÉMARRER RAPIDEMENT LE MÉCANISME EUROPÉEN DE STABILITÉ
Le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, a rapidement minimisé la perte du triple A par la France, se montrant solidaire avec ce pays, qu'il a jugé "sur la bonne voie". "Nous devons tous ensemble tenir les règles, renforcer la compétitivité, nous le faisons tous ensemble", a-t-il déclaré. M. Schäuble n'a pas exclu que la décision de S&P puisse avoir un impact sur l'Allemagne.
Questionné sur les conséquences de la décision de Standard & Poor's pour le Fonds de secours financier de l'Union monétaire (FESF), dont la France et l'Allemagne sont les principaux contributeurs, M. Schäuble a estimé que cette dégradation montrait combien était importante la décision de démarrer rapidement le Mécanisme européen de stabilité (MES). Le MES, structure durable, doit définitivement remplacer cette année le FESF, structure temporaire.
"C'EST LA POLITIQUE DE SARKOZY QUI EST SANCTIONNÉE"
Vendredi après-midi, une réunion d'urgence s'est tenue à l'Elysée, en présence de Nicolas Sarkozy. Selon Franck Louvrier, conseiller de l'Elysée, le président de la République ne s'exprimera qu'une fois que la dégradation de la France sera officielle. Pour Arnaud Leparmentier, journaliste au Monde, qui suit l'Elysée, "l'affaire exaspère l'entourage de Nicolas Sarkozy. Ses conseillers espéraient échapper à une dégradation au cas où les émissions d'emprunts d'Etat en Europe se passeraient bien, ce qui fut le cas cette semaine". "Politiquement, cela va durer quarante-huit heures et pas quatre mois", dit un conseiller.
Au Parti socialiste, dans l'équipe du candidat à la présidentielle, François Hollande, si Michel Sapin a refusé de se prononcer pour le moment, Marisol Touraine, chargée du pôle social, indique au Monde : "Un record de déficit et de dettes, un laxisme budgétaire pour préserver les intérêts de quelques-uns : c'est la politique de Nicolas Sarkozy, prétendument menée pour préserver la santé politique de la France, qui est sanctionnée. Le président est directement responsable."
"C'est la première étape de l'éclatement de la zone euro", a réagi Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, interrogée par Le Monde. La perte attendue du triple A traduit "l'échec de la politique de Nicolas Sarkozy et de ses cadeaux fiscaux", qui ont "aggravé" la situation économique du pays, a estimé de son côté Eva Joly, candidate d'EELV. Jean-Luc Mélenchon, pour le Front de gauche, s'est emporté contre "l'agence de notation Standard & Poors, qui déclare la guerre de la finance contre la France".