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Ayrault annonce une politique pénale spécifique à la Corse

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Ayrault annonce une politique pénale spécifique à la Corse
Créé le 17-10-2012 à 08h43 - Mis à jour à 12h55

Après l'assassinat de l'avocat Antoine Sollacaro, le Premier ministre qualifie d'"insupportable" la situation sur l'Ile de Beauté.

Le Premier ministre a qualifié d'"insupportable" cette situation à la sortie du Conseil des ministres. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Le Premier ministre a qualifié d'"insupportable" cette situation à la sortie du Conseil des ministres. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)
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Dans la continuité des déclarations du ministre de l'Intérieur, Jean-Marc Ayrault a annoncé mercredi 17 octobre une directive de politique pénale spécifique pour la Corse. Chiffrant à 37 le nombre d'homicides sur l'île en 2011 et 2012, après l'assassinat d'Antoine Sollacaro, célèbre avocat mardi à Ajaccio, le Premier ministre a qualifié d'"insupportable" cette situation à la sortie du Conseil des ministres. "Le gouvernement est déterminé à agir contre ce fléau qu'est le crime organisé" en Corse, "sous tous ses aspects", a-t-il déclaré. L'assassinat de Me Antoine Sollacaro, figure du monde de la justice en Corse, a suscité une vive émotion sur l'île de Beauté.

De même, François Hollande a estimé en Conseil des ministres que la violence en Corse n'est "aucunement acceptable dans notre République", a rapporté la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. "La violence en Corse n'est pas nouvelle mais a changé de nature et d'intensité". "Elle est aujourd'hui essentiellement liée à des réseaux, des clans, des règlements de compte avec un nombre de morts qui n'a cessé de progresser et qui n'est aucunement acceptable dans notre République", a-t-il poursuivi, selon la porte-parole.

Une "mafia qui gangrène" la société corse

Plus tôt dans la journée, Manuel Valls, avait exprimé sa volonté de "s'attaquer à cette mafia, à ce qui gangrène la société corse", réagissant sur France Inter à l'assassinat d'Antoine Sollacaro S'en prenant à l'"affairisme, à ces réseaux, à ces hommes qui tuent", il a par ailleurs annoncé qu'il se rendra prochainement en Corse avec la garde des Sceaux, Christiane Taubira.

Pour Manuel Valls, "nous faisons face à une situation d'une extrême gravité et les faits qui se sont encore déroulés parce que ce n'est pas la première fois, l'attestent". Selon lui, "d'une certaine manière, l'autorité de l'Etat se mesure en Corse dans sa capacité de démanteler le système affairiste et empêcher les gens de se tuer".

Déjà beaucoup de moyens sur le terrain

Cela "veut dire qu'il faut encore plus agir sur le terrain, coordonner le travail entre la police et la justice, pénétrer et déstabiliser les réseaux affairistes parce que, aux traditionnelles revendications nationalistes se mêlent en Corse la poursuite d'intérêts économiques qui sont peu avouables et des liens avec le très grand banditisme", a souligné le ministre de l'Intérieur. Pour lui, "il faut s'attaquer, sans renoncer, sans faire aveu d'impuissance, à cette mafia, à ce qui gangrène la société corse qui ne va pas bien".

Quant aux moyens développés en Corse, "il y [en] a déjà beaucoup sur le terrain", a jugé Manuel Valls, même si, "peut-être faut-il encore plus d'enquêteurs et de magistrats, une plus grande coordination sur le terrain entre enquêteurs et magistrats pour atteindre ces objectifs". Il a annoncé qu'il se rendrait "sans doute début novembre" en Corse avec la ministre de la Justice, Christiane Taubira, "ensemble, à la fois pour mettre en oeuvre cette coordination plus efficace des services de justice et de police, pour s'attaquer à cet affairisme, à ces réseaux, à ces hommes qui tuent".

Cette double visite sera aussi l'occasion, selon le ministre de l'Intérieur, d' "adresser un message d'espoir à la Corse car la société corse a besoin d'apaisement pour assurer son développement dans un contexte économique qui est déjà difficile". En attendant, "je veux dire aux Corses que l'Etat, le gouvernement, sont mobilisés, que notre mobilisation est totale pour éradiquer la violence", a conclu Manuel Valls.

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