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Plusieurs centaines de milliers d’Américains se sont massés à Washington, ce lundi, pour assister à l’intronisation de Barack Obama, réélu pour un second mandat le 6 novembre dernier.
Le 44e chef d’État américain et son vice-président, Joe Biden, avaient déjà prêté serment une première fois la veille en comité restreint, sur deux Bible ayant appartenu à l’instigateur de l’abolition de l’esclavage, Abraham Lincoln, et à Martin Luther-King.
Dans son discours d’investiture prononcé au Capitole, le président américain s'est attaché à aborder les thèmes de liberté et d’égalité chers à son électorat. "Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos femmes, nos mères et nos filles ne pourront gagner leur vie comme le méritent leurs efforts. Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos frères et sœurs homosexuels ne seront pas traités comme tout le monde par la loi", a-t-il martelé.
Principale source d’inquiétude pour les Américains, le président n’a pas omis les questions économiques et sociales qui divisent particulièrement la classe politique américaine. "La prospérité de l'Amérique doit reposer sur les larges épaules de la classe moyenne", a-t-il notamment déclaré. "Nous ne pouvons nous méprendre en instituant l'absolutisme comme principe, en substituant le spectacle à la politique, ou en faisant de l'échange d'injures un débat raisonnable", a-t-il poursuivi, appelant implicitement à l’union avec le Parti républicain qui demeure majoritaire à la Chambre des représentants.
Autre volet de son discours : le réchauffement de la planète. Barack Obama a assuré que les États-Unis réagiraient "à la menace du changement climatique, en gardant à l'esprit que ne pas le faire constituerait une trahison pour nos enfants et les générations futures".
Pour une paix durable
Sur le plan international, le président investi s’est engagé à maintenir les "alliances fortes" que les États-Unis ont établies partout dans le monde. "Personne n'a plus intérêt à un monde en paix que le pays le plus puissant", a-t-il plaidé, promettant de "soutenir la démocratie de l'Asie à l'Afrique, des Amériques au Moyen-Orient".
Rappelant que le pays sortait d’une décennie de guerre, Barack Obama, à l’origine du retrait des troupes américaines d’Irak, a promis de mettre fin au conflit en Afghanistan d'ici à la fin de 2014. "Nous, le peuple, croyons toujours qu'une sécurité immuable et une paix durable ne nécessitent pas une guerre perpétuelle."
"Nous ferons preuve du courage pour résoudre nos différends avec d'autres pays pacifiquement, pas parce que nous sommes naïfs face aux dangers auxquels nous sommes confrontés mais parce que le dialogue permet de lever la suspicion et la peur de façon plus durable", a-t-il ajouté.
Pléiade de stars
Son discours plutôt solennel d’une vingtaine de minutes n’a pas fait état de propositions détaillées pour son nouveau mandat. Barack Obama devrait réserver ces annonces pour son discours sur l'état de l'Union qu'il prononcera devant le Congrès, le 12 février prochain. La réduction des déficits, le contrôle des armes à feu, la réforme de l'immigration et la politique énergétique seront probablement les priorités affichées.
Acclamé par la foule, il a, juste après son discours, laissé place à plusieurs artistes dont la chanteuse Beyoncé qui a entonné l'hymne national américain pour clore la cérémonie. Le président et la première dame sont désormais attendus, en début d’après-midi, pour un défilé sur Pennsylvania Avenue, l’artère principale reliant le Capitole à la Maison Blanche.
Comme le veut la tradition, la journée d’investiture s’achèvera sur plusieurs bals organisés au palais des Congrès où Katy Perry, Stevie Wonder et les acteurs-chanteurs "oscarisés" Jamie Foxx et Jennifer Hudson se produiront.
FRANCE 24 avec dépêches