Le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est rendu lundi 21 juillet à Sarcelles, où de nombreux commerces de la ville ont été mis à sac la veille – notamment une épicerie casher qui avait déjà été visée par un attentat à la grenade en septembre 2012 – à la suite de deux rassemblements interdits dimanche, un en soutien à la Palestine et un autre organisé par la Ligue dedéfense juive (LDJ).
« Quand on s'approche d'une synagogue, qu'on brûle une épicerie parce qu'elle est tenue par un juif, on commet un acte antisémite. Les choses doivent êtrequalifiées », a déclaré M. Cazeneuve.
« INTOLÉRABLE »
Devant la presse, il a estimé qu'il était « légitime » de pouvoir exprimer une position sur les événements de Gaza, où au moins 502 Palestiniens ont été tuésdepuis le 8 juillet. En revanche, il a jugé « intolérable que l'on s'en prenne à des synagogues ou à des commerces parce qu'ils sont tenus par des juifs. Rien ne peut justifier de telles violence ». Dix-huit personnes ont été interpellées après les heurts, selon la police.
Sur place, le ministre a rencontré des membres de la communauté juive de Sarcelles, parfois surnommée « la petite Jérusalem » en raison de son importante communauté sépharade, ainsi que le grand rabbin de France, Haïm Korsia. Il a dit la volonté de l'exécutif de préserver la « concorde et la fraternité » dans cette ville.
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Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Roger Cukierman, a rappelé, lundi matin sur RFI, l'inquiétude de la communauté juive, notamment en région parisienne :
« On ne crie pas “mort aux Israéliens” dans les rues de Paris, on crie “mort aux juifs” et on s'attaque à des synagogues qui sont des lieux de prière. »
Ailleurs, des manifestations, qui avaient été autorisées, se sont déroulées pacifiquement dans une quinzaine de villes, dont Marseille, Lille, Lyon, Nîmes,Strasbourg, Nantes et Montpellier.
VALLS : « UN ANTISÉMITISME D'UNE FORME NOUVELLE »
Le ministre avait défendu l'interdiction de la manifestation qui a dégénéré en affrontements samedi à Barbès. M. Cazeneuve, déjà, assurait que « ce qui a occasionné les débordements, c'est l'irresponsabilité de ceux qui (...) ont bravé cette interdiction ». Les organisateurs du rassemblement ont déjà annoncé qu'ils tenteront à nouveau de manifester le 26 juillet à Paris.
Comme leur ministre de l'intérieur, François Hollande et Manuel Valls se sont montrés particulièrement virulents contre les dérapages antisémites qui ont eu lieu lors du week-end. Le chef de l'Etat a dit sa volonté « que ne soit toléré aucun acte, aucune parole qui puisse faire ressurgir l'antisémitisme et le racisme », alors que son premier ministre dénonçait « un antisémitisme d'une forme nouvelle » alors qu'il participait à la commémoration des 72 ans de la rafle du VélÂ’ d'Hiv, dimanche.
