Le président PS de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, souhaite un «nouveau temps du quinquennat» de François Hollande qui soit davantage marqué par la recherche de l«unité» de la gauche et «des signes à l’électorat de gauche», dans un entretien au quotidien le Monde daté de vendredi.
«Il est désormais temps de tirer des leçons pour envisager le nouveau temps du quinquennat. Nous ne pouvons pas continuer avec un groupe socialiste qui ne se sent parfois pas écouté, un groupe écologiste qui ne sait pas exactement s’il veut rester ou partir, et un groupe communiste qui a l’impression de ne pas être entendu», déclare le député de Seine-Saint-Denis.
«Nous ne pouvons pas laisser s’installer l’idée que la gauche n’essaierait pas de chercher son unité pour tout le quinquennat», ajoute Claude Bartolone. Il estime que «la loi sur l’amnistie», une proposition rejetée à l’Assemblée par les commissaires socialistes à la demande du gouvernement, «doit signer la fin d’une première année et la prise en compte des relations à gauche pour la suite».
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Le président de l’Assemblée estime que ce nouveau temps du quinquennat doit avoir pour priorités «des textes sur le logement ou le texte (du ministre Benoît) Hamon sur la consommation, pour pouvoir donner des signes à cet électorat de gauche qui les attend».
De même, affirme-t-il, «il faut dire maintenant comment nous pouvons améliorer le pouvoir d’achat sans déséquilibrer les comptes publics, donner une priorité au logement, à la santé, redéfinir le lien de confiance entre l’Etat et les collectivités locales, donner plus de place aux quartiers populaires, discuter sur la formation professionnelle et, surtout, se réconcilier avec les entrepreneurs».
Claude Bartolone «souhaite» également «une intervention plus forte du chef de l’Etat pour définir la lettre de mission du gouvernement et préciser les axes de ce deuxième temps».
L’ex-partisan du non au référendum de 2005 juge que la France doit représenter «tous ceux qui estiment que l’Europe ne peut pas être que la rigueur». Revenant sur la «tension amicale» évoquée par François Hollande pour qualifier les rapports franco-allemands, Claude Bartolone déclare : «Pour moi, c’est la tension tout court et, s’il faut, la confrontation». «Ce que je crains le plus, ce n’est pas l’abstention, c’est un 21 avril européen», confie-t-il en référence à l’élimination de Lionel Jospin au profit de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle de 2002.