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Le Point.fr - Publié le 18/05/2011 à 16:24 - Modifié le 18/05/2011 à 16:25
Jean-Paul Belmondo à Cannes le 17 mai 2011. © Valéry Hache / AFP
Ils étaient venus, ils étaient tous là, ou presque, les amis de Bébel. On se serait cru aux Césars, pour un césar d'honneur, ainsi baptisé en hommage au grand sculpteur rival du père de Belmondo, qui en avait été longtemps furieux. On en a compté dix-huit sur la scène de la salle Debussy : Albert Dupontel, Georges Lautner, Charles Gérard, Claude Lelouch, Antoine Duléry, Richard Anconina, Nicole Calfan, Claudia Cardinale, Jean-Paul Rappeneau, Cédric Klapisch, Claude Pinoteau, Xavier Beauvois, Danièle Thompson, Guy Bedos, Samy Naceri, et les trois amis du Conservatoire, Pierre Verney, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle.
Séquence émotion bien sûr quand le bondissant Bébel a mis près de trois minutes pour descendre les escaliers de la salle et rejoindre la scène où l'attendaient ses amis. À ses bras, ou plutôt le soutenant, Barbara Gandolfi, sa compagne, mise en cause l'an dernier à propos d'enregistrements gênants, qui, hier soir, a donc reçu aussi tous les applaudissements, même si son nom, étrangement, n'a jamais été cité lors d'une soirée où tant de patronymes furent énumérés.
C'est elle qui a tenu devant les nombreux photographes agglutinés la palme d'or remise par Gilles Jacob à Belmondo, lequel a prononcé quelques phrases de remerciement. Il s'en est suivi un documentaire signé Vincent Perrot et Jeff Domenech, qui avait tourné la difficulté d'élocution de Bébel en le montrant dans une salle de projection, où il visionnait ledit documentaire, enrichi ainsi de quelques commentaires ou réactions.
L'accueil glacial de "Stavisky"
De ce documentaire, on retiendra la lettre d'amitié adressée à Belmondo par Bruno Cremer juste avant sa mort, un dialogue père-fils dans l'atelier de Paul Belmondo, les témoignages de la nouvelle génération d'acteurs - Vincent Cassel, Gilles Lelouch, Jean Dujardin -, tous absents pourtant hier. Un documentaire autorisé, comme on dit, qui ne relevait qu'un seul défaut, souligné par le fils Paul, chez Belmondo : l'obstination, qui l'empêchait d'admettre ses torts. Intéressant...
Ce retour sonnait pour Belmondo comme une revanche. Car rappelons que c'est à Cannes qu'il avait subi son échec le plus cinglant, en 1974, lors de la présentation de Stavisky, d'Alain Resnais, qui y reçut un accueil glacial. Il n'était plus jamais revenu avec un film depuis lors et, surtout, l'échec de Stavisky avait sonné le glas d'un Belmondo ambitieux, qui, dès lors, s'était jeté la tête la première dans les films d'action dont seul Claude Lelouch a réussi à le sortir une ou deux fois.