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Stupeur et consternation aux abords de la basilique Saint-Pierre de Rome. Du jamais vu depuis six siècles: le chef de l'Eglise catholique, Benoît XVI, Joseph Ratzinger, 85 ans, a annoncé sa démission pour raisons de santé. Elle sera effective le 28 février. C'est la première fois dans l'histoire moderne de l'église qu'un pape renonce à sa charge à vie, de son propre chef, depuis 1415, date de la démission (forcée) de Grégoire XII. Mais, dans le cas d'espèce, le vrai précédent historique est plutôt la démission du pape Célestin V, le 12 décembre 1294, pour cause de maladie. Signe prémonitoire : Benoît XVI s'était publiquement recueilli, en 2009, sur la tombe du pape-ermite, dans les Abruzzes.
«Je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m'a été confié». C'est la phrase-clef du discours de Benoît XVI par lequel il a annoncé sa prochaine démission en invoquant une perte de «vigueur» au cours des derniers mois. Selon la plupart des vaticanistes, en décidant d'abréger, de son propre chef, sa mission après sept ans et neuf mois à la tête de l'Eglise, Joseph Ratzinger entend éviter le syndrome de la fin de règne chaotique de son prédécesseur, Jean-Paul II, sévèrement affaibli par une maladie de Parkinson, au cours de ses dernières années. De fait, Benoît XVI est apparu très affaibli lors de ses dernières interventions publiques .
Lors de sa conférence de presse, le porte-parole du Vatican, père Federico Lombardi, a indiqué que l'élection de son successeur par le conclave des cardinaux devrait intervenir assez rapidement, probablement dans la seconde moitié de mars, de sorte que l'Eglise ait un «nouveau Pape pour Pâques». Parmi ses successeurs possibles , le nom du cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, très engagé dans le mouvement Communion et Libération, est le plus souvent cité, même si le cardinal nigérien Francis Arinze est également donné comme un favori potentiel en cas de choix d'un non-européen. Parmi les autres noms qui circulent dans les milieux de la Curie figurent aussi ceux de l'autrichien Christoph Schönborn, 67 ans, de l'archevêque de Manille, Luis Antonio Tagle, et de l'américain Timothy Dolan... Déjà en 2004, à la veille de son élection, Joseph Ratzinger avait déclaré à une chaîne de télévision allemande que les temps étaient désormais mûrs pour l'élection d'un «Pape de couleur». Le porte-parole du Vatican a également précisé qu'il n'y avait, à ses yeux, aucun risque de «schisme» lié à la démission, en rappelant que celle-ci est expressément prévue par le droit canonique.