D’abord en raison de la personnalité – très secrète – de Roman Abramovitch, qui ne s’est jamais expliqué sur son ascension foudroyante de fabricant de canards en plastique à multimilliardaire ! Aux antipodes du très volubile Berezovski, auto-proclamé ennemi n°1 de Poutine, qui saisit chaque occasion de vilipender le maître du Kremlin.
L’intérêt des médias a du reste grimpé en flèche depuis le début du témoignage d’Abramovitch. Interrogé par l’avocat du plaignant, Laurence Rabinowitz, le propriétaire de Chelsea nie tout, en russe, via un traducteur. Jamais, jure-t-il, Berezovski n’a possédé un kopeck de Sibneft. S’il l’a payé, c’était pour sa protection, explique-t-il, en employant le terme de « toit », très connoté en russe puisqu’il évoque les pratiques mafieuses des années 1990.
Il affirme lui avoir versé 2,5 milliards de dollars en échange de son « parrainage », « une nécessité pour faire des affaires en Russie à l’époque ». Au passage, il lâche que Berezovski a entretenu de troubles relations avec la mafia tchétchène, et se flatte d’avoir payé la rançon d’otages britanniques enlevé en Tchétchénie.
Contrant sa version, la défense de Berezovski cite les nombreux séjours passés ensemble en famille, et produit l’enregistrement d’un entretien qu’ils ont eu tous deux, au sujet de Sibneft. Il détaille enfin la pratique, courante dans la Russie des années 1990, des contrats oraux. Abramovitch, qui concède avoir eu recours à l’époque à des pratiques « pas très légales » raconte le détail des transactions financières, pour échapper au fisc russe. Des aveux qui pourraient lui coûter cher à Londres, puisque la charte du championnat britannique exige de ses membres une moralité irréprochable…