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Nicolas Sarkozy devra notamment s'expliquer, jeudi devant les juges d'instruction à Bordeaux, sur ses rendez-vous avec Philippe Courroye, en charge du dossier Bettencourt entre 2007 et 2011. Photo : AFP/LIONEL BONAVENTURE
Les juges d'instruction en charge de l'affaire Bettencourt vont entendre jeudi Nicolas Sarkozy à Bordeaux. Possible financement illicite de sa campagne de 2007, éventuel abus de faiblesse envers l'héritière de l'Oréal... Metro décrypte les différents points qui seront abordés au cours de cette convocation, qui pourrait déboucher sur une mise en examen de l'ancien président de la République.
L'implication précoce de l'Elysée
Au moment où l'affaire des enregistrements pirates du majordome éclate, en juin 2010, l'affaire se résume seulement à une plainte pour "abus de faiblesse" déposée en 2007 par la fille Bettencourt contre François-Marie Banier. Pas de quoi, donc, alerter le gouvernement. Pourtant, plusieurs traces indiqueraient que l'Elysée, à l'époque, se met à surveiller de très près ces mésaventures familiales. Dans les écoutes, on entend notamment Patrice de Maistre, homme de confiance de Liliane Bettencourt, confier à cette dernière, le 12 juin 2009, avoir « été appelé » alors qu'il « n'avait rien demandé » par l'Elysée ». Il explique qu'on lui a indiqué que Nicolas Sarkozy « suit l'affaire ». Dans quel but ?
Les révélations de l'ex-comptable
Au coeur de l'accusation qui pèse sur Nicolas Sarkozy : les déclarations de l'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout. Le 5 juillet 2010, elle indique aux enquêteurs que Patrice de Maistre lui aurait demandé, début 2007, de donner 150.000 euros en liquide (ce qui dépasse le seuil légal autorisé pour financer une campagne, ndlr) à Eric Woerth, alors trésorier de campagne de Nicolas Sarkozy. Le lendemain, l'ex-comptable va plus loin encore en assurant que c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui est venu récupérer l'argent au domicile des Bettencourt. Rétropédalage, pourtant, le 7 juillet, où, cette fois, elle nie ses propos sur Sarkozy, tout en maintenant ceux sur Woerth. Des accusations « changeantes » qui constituent donc, aujourd'hui, un dossier fragile.
L'agenda de Nicolas Sarkozy
L'emploi du temps de l'ancien président a déjà été étudié à la loupe. A-t-il physiquement pu se rendre au domicile des Bettencourt pour toucher de l'argent ? Face à cette accusation, Nicolas Sarkozy - dont la stratégie a toujours constitué à se montrer serein et coopératif - a fourni, sans qu'on le lui demande, une copie de son agenda 2007 aux juges.
Autre point de l'emploi du temps qui va être abordé : les huit rendez-vous annotés qu'il a eu avec l'ancien procureur de Nanterre Philippe Courroye, en charge du dossier Bettencourt entre 2007 et 2011. Interrogé sur ces rendez-vous, le magistrat a déjà pour sa part jugé « outrageant » qu'on puisse y voir de possibles pressions. Nicolas Sarkozy, lui, ne s'en est jamais expliqué.