Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.

Publicité

Bettencourt : Courroye porte plainte contre le "Monde"

Accueil > Société > Bettencourt : Courroye porte plainte contre le "Monde"
Bettencourt : Courroye porte plainte contre le "Monde"
Créé le 12-10-2012 à 11h40 - Mis à jour à 18h01

L'ex-procureur de Nanterre aurait été reçu à au moins huit reprises par Sarkozy à l'Elysée entre septembre 2008 et mars 2011, selon le quotidien.

 

Le 7 octobre 2005, à Bièvres, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy discute avec le juge Philippe Courroye, lors de la cérémonie officielle du 20e anniversaire de l'unité spéciale. (AFP /JACK GUEZ)

Le 7 octobre 2005, à Bièvres, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy discute avec le juge Philippe Courroye, lors de la cérémonie officielle du 20e anniversaire de l'unité spéciale. (AFP /JACK GUEZ)
Sur le même sujet

Philippe Courroye a annoncé au "Figaro", vendredi 12 octobre, qu'il s'apprêtait à porter plainte pour violation du secret de l'instruction et recel, après la publication par "Le Monde", quelques heures auparavant, de son procès verbal d'interrogatoire du 2 octobre en tant que témoin. 

Nicolas Sarkozy a reçu Courroye, alors procureur de Nanterre, a huit reprises au moins entre septembre 2008 et mars 2011, au plus fort de l'affaire Bettencourt, selon ce procès-verbal d'audition. Toujours selon "Le Monde", ces rendez-vous, ont été inscrits dans les agendas et les courriels saisis le 3 juillet dans les bureaux et au domicile de l'ancien chef de l'Etat. Le procureur est mentionné comme "Ph C" dans ces documents. Ces rencontres se sont déroulées à des moments-clés de l'affaire.

"Le Monde" raconte également comment les juges d'instructions Jean-Michel Gentil, Cécile Ramonatxo et Valérie Noël, en charge de l'enquête sur les abus de faiblesse soupçonnées sur la personne de Liliane Bettencourt, ont décortiqués les objets de ces rendez-vous. Souvent pour alerter sur les avancées des enquêtes.

Auditions en rafales

Le 2 octobre, le juge Jean-Michel Gentil a procédé à une rafale d'auditions de témoins pour vérifier si Nicolas Sarkozy a tenté de peser sur le dossier.

Le juge Courroye, - qui a fait l'objet de poursuites judiciaires - aujourd'hui annulées - et disciplinaires pour avoir fait saisir des "fadettes" [liste d'appels téléphoniques, NDLR] de journalistes du "Monde", et a été muté à Paris comme avocat général contre son gré – a été convoqué à Bordeaux et entendu par Cécile Ramonatxo.

A la brigade financière à Paris, c'était l'audition de proches professionnels de Nicolas Sarkozy, son avocat, Me Thierry Herzog, l'ancien secrétaire général de l'Elysée, Xavier Musca, et deux anciens conseillers de Nicolas Sarkozy pour la justice, Patrick Ouart et Jean-Pierre Picca qui avaient lieu.

Le juge Courroye s'était chargé de l'enquête préliminaire qui avait suivi la révélation, à la mi-2010, des enregistrements que réalisait depuis un an le majordome de la milliardaire dans le salon de sa patronne. L'affaire avait été transférée à Bordeaux le 17 novembre 2010, en raison de l'ambiance délétère qui régnait à Nanterre autour de cette affaire.

"Si Nicolas Sarkozy a influencé l'enquête, des poursuites sont possibles"
Créé le 12-10-2012 à 18h30 - Mis à jour à 19h52  lien

Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, revient sur les révélations du "Monde" sur les rencontres à l'Elysée entre l'ex-président et Philippe Courroye à des moments-clés de l'affaire Bettencourt. Interview.


Nouvel Observateur

Nicolas Sarkozy serre la main de Philippe Courroye durant la cérémonie du 69e anniversaire de l'Appel du 18 juin, à Suresnes, le 18 juin 2009. (AFP PHOTO POOL CHARLES PLATIAU)

Nicolas Sarkozy serre la main de Philippe Courroye durant la cérémonie du 69e anniversaire de l'Appel du 18 juin, à Suresnes, le 18 juin 2009. (AFP PHOTO POOL CHARLES PLATIAU)
Sur le même sujet

L'ex-président Nicolas Sarkozy et l'ex-procureur de Nanterre Philippe Courroye se sont rencontrés au moins huit fois, à des moments-clés de l'affaire Bettencourt, révèle  "Le Monde" vendredi 12 octobre. Le magistrat a ensuite annoncé vouloir porter plainte pour violation du secret de l'instruction et recel, après divulgation par le journal du soir de son procès verbal d'interrogatoire du 2 octobre en tant que témoin. 

Que va-t-il se passer après ces nouveaux rebondissements dans l'affaire Bettencourt ? L'avis du juge d'instruction et secrétaire général du Syndicat de la magistrature Matthieu Bonduelle

 

Si l'information du "Monde" est avérée, Philippe Courroye peut-il rester magistrat ?

- Il faut se souvenir que Philippe Courroye est visé par deux procédures : une pénale et une disciplinaire [dans le volet des fadettes de l'affaire Bettencourt, NDLR]. Dans ces deux cas, il n'a pas été interdit d'exercer. La garde des Sceaux a fait le choix contestable de muter Philippe Courroye hors procédure disciplinaire cet été, sur la base d'un concept flou, l'intérêt du service. Ces éléments nouveaux nous renforcent dans l'idée qu'il serait utile de faire des investigations pour savoir si Philippe Courroye a commis des fautes disciplinaires.

Les révélations d'aujourd'hui sont significatives. Qu'est-ce qui s'est dit durant ces rendez-vous ? A-t-il ou non révélé des informations couvertes par le secret professionnel ? Si cette l'information du "Monde" est avérée, c'est tout à fait anormal qu'un procureur de la République, tenu par un devoir d'indépendance, se rende à l'Elysée.

Deux personnes peuvent engager une procédure disciplinaire : son supérieur hiérarchique - mais Philippe Courroye est maintenant avocat général à Paris et les faits relèvent de son activité ancienne - ou la Garde des Sceaux.

La Garde des Sceaux a trois options. Soit elle décide de ne rien faire. Soit elle diligente une enquête administrative, et à la fin, si elle estime que des fautes ont été commises, elle saisit le Conseil Supérieur de la magistrature (CSM). Le CSM peut alors lui infliger des sanctions, qui vont du blâme, à la révocation, en passant par la suspension provisoire. Soit la garde des Sceaux saisit directement le CSM, sans enquête administrative. Mais le peut-elle ? A-t-elle assez d'éléments pour le faire ? La question est compliquée. Ce n'est pas à moi de répondre, c'est à la Garde des Sceaux d'estimer si des fautes ont été commises.

Nicolas Sarkozy est-il passible de poursuites pour ces rencontres à l'Elysée ?

- Tout dépend de ce qui s'est dit pendant ces rendez-vous. S'il a influencé l'enquête, des poursuites sont possibles pour délit d'entrave à l'exercice de la justice, et éventuellement pour recel d'informations couvertes par le secret professionnel. D'autant que Nicolas Sarkozy n'est plus couvert par l'immunité présidentielle. Mais c'est de la justice fiction, ce sera au procureur et à la garde des Sceaux de le dire !

La plainte de Philippe Courroye pour violation du secret de l'instruction et recel a-t-elle des chances d'aboutir, et quelles seraient les conséquences pour l'enquête ?

- Je ne peux pas faire de pronostic ! Il y a bien violation du secret de l'instruction. Mais il est violé quotidiennement. Dans sa forme actuelle, un secret absolu et extrêmement long, le secret de l'instruction n'a plus de sens. "Le Monde" prend un risque pénal en publiant le procès verbal, mais a le devoir d'informer le public.

Propos de Matthieu Bonduelle recueillis par Violette Robinet

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article