Edito :
En octobre, le Rapporteur spécial des Nations unies pour la Birmanie, Tomás Ojea Quintana, a présenté son rapport lors de la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies. Depuis la levée des sanctions internationales et la reprise des liens diplomatiques entre le gouvernement birman et de nombreux pays, l’Assemblée générale des Nations Unies constitue l’un des derniers outils à disposition de la communauté internationales pour faire en sorte que les quelques gages de réforme et d’ouverture offerts par le gouvernement birman se concrétisent.
Malgré les récentes réformes engagées par la gouvernement, les causes profondes des conflits armés n’ont toujours pas été résolues et les violations des droits de l’homme perdurent de façon systématique et généralisée.
En Octobre, de nouvelles violences ont éclaté dans l’Etat d’Arakan causant la mort de plus de 100 personnes et le déplacement de 28 000 autres. Pendant ce temps, les combats dans l’Etat Kachin ont continué. M. Quintana a déclaré avoir reçu des allégations relatant la persistance des graves violations des droits de l’homme dans les zones frontalières ethniques touchées par le conflit, notamment : « les attaques contre les populations civiles, les exécutions extrajudiciaires, la violence sexuelle, les arrestations et les détentions arbitraires, les déplacements de population, les confiscations de terres, le recrutement d’enfants soldats, le travail forcé et le portage ainsi que l’emploi de mines terrestres ».
Pour éviter la résurgence de nouvelles violences et l’augmentation du nombre de victimes nous nous joignons à l’appel de M. Quintana lancé aux autorités birmanes pour qu’elles s’attaquent aux causes sous-jacentes des tensions dans l’État d’Arakan. De même, comme il l’a exprimé dans son rapport, « toute solution politique durable doit s’attaquer aux causes profondes du conflit et tenir compte des préoccupations particulières des groupes minoritaires ethniques. ».
Le rapporteur spécial a souligné dans son rapport l’importance de maintenir les droits de l’homme à l’ordre du jour en Birmanie. « La communauté internationale doit également veiller à ce que les considérations relatives aux droits de l’hommes restent au cœur de son engagement avec la Birmanie au cours de cette période de transition », a-t-il ajouté dans une déclaration.
Les Etats membres des Nations unies ne doivent pas se laisser aveugler par les développements actuels qui ont lieu en Birmanie et par des intérêts économiques prévalant. Au contraire, ils doivent s’assurer que les droits de l’homme figurent bien « au cœur du processus de réformes du pays ».