Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.

Publicité

Birmanie : les risques d'un chaos social

<article class="article article_normal" itemscope="" itemtype="http://schema.org/NewsArticle">

Birmanie : les risques d'un chaos social
LE MONDE | <time datetime="2013-04-06T11:23:16+02:00" itemprop="datePublished">06.04.2013 à 11h23</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-04-06T11:25:00+02:00" itemprop="dateModified">06.04.2013 à 11h25</time>
lien 

Partager google + linkedin

 
<figure class="illustration_haut">

La mosquée de Gyobingauk (district de Bago, centre de la Birmanie) a été la proie de destructions de la part de groupes extrémistes bouddhistes, jeudi 28 mars 2013.

</figure>
 

La Birmanie marche à grands pas vers la démocratie, mais la rapidité du processus présente aussi des risques de chaos social : sanglantes émeutes antimusulmanes l'année dernière dans le Sud-Ouest et fin mars dans le Centre ; intensification depuis le début de l'année de la guerre avec les combattants de l'ethnie kachin au nord ; feux encore mal éteints de décennies de conflits avec les guérillas d'autres minorités, à l'est : deux ans après la démission de la junte, tout montre que rien n'est joué au "Myanmar".

Le contraire eût été étonnant : après un demi-siècle de régime militaire (1962-2011), la Birmanie avait peu de chances de devenir en un tour de main une Suisse de l'Asie. La Birmanie est une mosaïque impossible composée de 135 ethnies répertoriées. On y parle une centaine de langues différentes. Bouddhisme, islam, catholicisme, religions protestantes et confucianisme y cohabitent. Gouverner la Birmanie est un défi. L'unifier, un fantasme : l'"Union de Myanmar" – tel est le nom officiel du pays – n'est qu'une désunion.

Rudyard Kipling eut cette belle phrase pour résumer le caractère fondamental de ce pays qui fut un empire indépendant, puis un joyau de la Couronne britannique : "Telle est la Birmanie, où rien n'est pareil à ce qui se passe ailleurs"...

Le "Myanmar" serait-il donc condamné à l'imprévisibilité ? La Birmanie risque-t-elle encore longtemps de poursuivre le rêve impossible de la construction de cet Etat-nation éternellement en devenir ? Dès l'indépendance, en 1948, les minorités ethniques refusèrent de jouer le jeu de la construction nationale. En dépit des accords de cessez-le-feu conclus entre l'actuel gouvernement et la majorité des groupes armés, rien n'est réglé à ce jour.

Le président Thein Sein, ancien général de la junte mais architecte en chef des réformes, sait parfois taper du poing sur la table : après les émeutes antimusulmanes de la semaine dernière, il a tancé, dans un discours courageux, les sbires de l'extrémisme bouddhiste...

Mais ce n'est pas suffisant : les militaires sont rentrés dans leurs casernes mais demeurent la force de recours, la puissance réelle. Certains soupçonnent des éléments de la "Tatmadaw" – l'armée –, peu enclins à soutenir de trop rapides développements démocratiques, d'avoir incité les émeutiers. On dit aussi que les militaires n'obéissent pas toujours au président, qui a ordonné, sans succès, à ses soldats de cesser le feu au nord avec les guérilleros kachin...

Quant à Aung San Suu Kyi, l'ancienne bête noire du régime, elle multiplie les compromis avec le pouvoir. Elle espère être élue présidente aux élections de 2015. On commence à lui reprocher de ne pas parler suffisamment haut et clair. Notamment pour condamner des émeutiers appartenant à la religion bouddhiste majoritaire. Craindrait-elle de voir s'effriter son immense popularité ? Plus que jamais, pourtant, la Birmanie a besoin que se fasse entendre la voix de son "icône".

Le président, justement, est un réformateur. Cet ancien général de la junte, qui a coiffé la casquette du démocrate, forme un couple improbable avec Aung San Suu Kyi. Mais, grâce à eux, le pays sort de la nuit. Et l'Union européenne, qui doit décider ce mois-ci du sort des sanctions jadis prises contre le "Myanmar", devrait aider Thein Sein et Aung San Suu Kyi. Et accorder un traitement commercial préférentiel à ce pays.

</article>
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article