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Benoit Hamon et Genevieve Fioraso veulent revaloriser « l’ensemble des bourses sur critères sociaux à hauteur de 0,7 % » en septembre. - AFP PHOTO / THOMAS SAMSON
</figcaption></figure>La rentrée du gouvernement sur le front économique et social s’annonce très compliquée. Autant éviter d’y ajouter l’étincelle qui pourrait venir d’un mécontentement étudiant. C’est ainsi qu’on peut lire l’annonce faite ce dimanche 17 août par les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Benoît Hamon et Geneviève Fioraso consistant à revaloriser « l’ensemble des bourses sur critères sociaux à hauteur de 0,7 % » en septembre. Cette hausse, « supérieure à l’inflation (0,5 %) », est « une décision forte en faveur du pouvoir d’achat des étudiants », insistent les deux ministres dans un communiqué. L’arrêté fixant les nouveaux taux de bourse sera publié cette semaine.
L’annonce intervient alors que le premier syndicat étudiant, l’Unef, vient de publier son enquête annuelle sur le coût de la vie étudiante, dans laquelle il réclame une revalorisation des bourses de 2 % dès cette rentrée, correspondant à la hausse du coût de la rentrée étudiante par rapport à 2013. L’augmentation des loyers (3,1 % à Paris et 2 % en province) et du coût de la vie (3,6 %) pèsent sur les revenus des étudiants et accroissent la précarité et le salariat étudiant, selon l’Unef. Près d’un tiers (29,6 %) des étudiants salariés occupent un emploi à temps plein pendant l’année universitaire, contre un cinquième (18,5 %) en 2006, selon les données compilées dans l’étude.
« La revalorisation (annoncée par le gouvernement) était indispensable mais elle est loin de la hausse du coût de la vie », confie le président de l’Unef, William Martinet, aux « Echos ». C’est la revalorisation de l’ensemble des bourses « la plus faible du quinquennat », précise-t-il en rappelant les hausses de 2012 (+2,1 %) et de 2013 (+1 %). Selon les calculs de l’Unef, ce « cadeau de 13 millions d’euros » du gouvernement se traduira pour les étudiants boursiers par une hausse de leur bourse de 7 à 38 euros, selon les échelons.
L’Unef réclamait une hausse de 2 %, soit 110 euros de plus pour les boursiers qui reçoivent la dotation maximale (5.500 euros pour une année universitaire). « A mi-mandat, François Hollande est à la croisée des chemins, réagit William Martinet. Ou il décide d’arrêter l’investissement dans la jeunesse et abandonne l’allocation d’autonomie, ou il maintient la priorité à la jeunesse qui a fait son élection. Pour l’instant, ce +0,7 % est une non-réponse, un entre deux dont il faudra sortir. »
L’annonce du gouvernement intervient après une autre décision, fin juin, de créer 77.500 nouvelles bourses annuelles de 1.000 euros pour les étudiants des classes moyennes aux revenus modestes, les boursiers « échelon 0 ». Et la création de 1.000 nouvelles allocations annuelles de 4.000 à 5.500 euros pour des étudiants en rupture familiale, non éligibles aux bourses classiques.
Face aux craintes d’une mobilisation étudiante, l’exécutif semble réagir au coup par coup. « J’espère que cette crainte, et sa capacité à mettre le feu aux poudres dans le pays, n’est pas la seule boussole de François Hollande », conclut William Martinet.