Le soldat de deuxième classe Bradley Manning, reconnu coupable d'espionnage pour avoir transmis à WikiLeaks plus de 700 000 documents confidentiels de l'armée américaine, a été condamné à 35 ans de prison, jeudi. M. Manning avait été reconnu coupable de la plupart des chefs d'inculpation qui pesaient sur lui, mais blanchi du plus grave, l'accusation de "collusion avec l'ennemi", le mois dernier.
A la sortie du tribunal, des soutiens de Bradley Manning ont accueilli la nouvelle aux cris de "nous continuerons le combat" et "tu es notre héros".
Bradley Manning was quickly ushered from the court. Supporters shouted "we'll keep fighting for you Bradley" and "you're our hero".
Le soldat Manning avait reconnu à l'audience avoir transmis à WikiLeaks de très nombreux documents, parmi lesquels des rapports de l'armée américaine en Afghanistan et en Irak, ainsi que les câbles diplomatiques américains auxquels Le Monde, avec d'autres journaux comme le Guardian et le New York Times, avait pu avoir accès.
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Bradley Manning avait rapidement été arrêté par la police militaire, après avoir été dénoncé par une connaissance auprès de laquelle il s'était confié. Le jeune homme a passé plus de 1 200 jours en prison, dans des conditions largement dénoncées par ses défenseurs et par plusieurs organisations de défense des droits de l'homme : il avait notamment été maintenu plusieurs mois à l'isolement, dans des conditions de sécurité draconiennes qui visaient officiellement à l'empêcher de se suicider. Il avait finalement été transféré dans une autre prison. Le gouvernement a partiellement reconnu que le jeune soldat avait subi des conditions de détention particulièrement difficiles, et lui a accordé une remise de peine de 112 jours pour cette raison.
PEINE PLUS CLÉMENTE QU'ATTENDU
Le soldat américain a été condamné à une peine inférieure aux réquisitions du gouvernement américain, qui avait demandé une condamnation à soixante ans de prison. L'avocat du gouvernement avait expliqué à l'audience que le tribunal militaire devait "envoyer un message clair à tout soldat qui envisagerait de transmettre des informations ayant trait à la sécurité nationale".
Des réquisitions qui n'ont donc pas été suivies par la cour, qui a condamné M. Manning à une peine nettement moins sévère qu'anticipé. La semaine dernière, il avait, pour la première fois, présenté ses excuses au cours de son procès, expliquant n'avoir "pas mesuré la portée" de ses actes.
Aussitôt après l'énoncé de la peine, Amnesty International a demandé à Barack Obama de réduire la peine de M. Manning à la durée qu'il a déjà passée en prison, ce qui aurait permis sa libération immédiate. "Bradley Manning devrait obtenir la clémence en récompense des motifs qui l'ont animé, mais aussi en raison du traitement qu'il a subi lors de sa détention et des entorses à la procédure pendant son procès", précise l'ONG dans un communiqué.
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