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Par Alain Ruello et Bruno Trevidic | 05/10 | 18:40
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Impasse ou non ? Après les informations de l'AFP et du magazine « Der Spiegel » faisant état d'un échec des négociations entre La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni sur le projet de fusion entre EADS et BAE Systems, les deux groupes ont tenu à affirmer qu'au contraire, les discussions se poursuivent. Et qu'ils estiment toujours possible de parvenir à un accord d'ici au 10 octobre, date butoir fixée par le gendarme de la bourse britannique. Allant dans ce sens, une source gouvernementale française citée par Reuters, a même qualifié ces informations de « rumeurs infondées ».
Selon l'AFP, une vidéo conférence entre les représentants des trois Etats a eu lieu vendredi après midi, et se serait soldée par un constat de divergence autour du capital du futur groupe d'aéronautique et de défense : Londres ne s'opposerait pas à ce que Berlin détiennent 9 % des actions pour maintenir la parité avec Paris, mais aurait exigé un engagement écrit de la France de ne pas aller au delà de sa participation en rachetant les 7,5 % de Lagardère. D'où le blocage.
Pourtant, on affirmait encore vendredi matin de source proche d'EADS, que le seul risque de blocage reposait sur les conditions d'entrée de l'Allemagne au capital du futur groupe. « Si l'Allemagne veut une participation minoritaire c'est gérable, mais si elle veut disposer de droits particuliers ou conclure un pacte d'actionnaires avec la France, alors cela mettrait en péril le projet. Cela tuerait le profil qu'on veut donner d'une entreprise normale, capable de commercer avec tout le monde, et cela créerait des problèmes avec les Etats-Unis. » Le point est particulièrement sensible puisque l'un des objectifs majeurs d'EADS pour fusionner avec BAE est de se renforcer sur le marché de la défense outre-Atlantique, qui assure près de 40 % du chiffre d'affaires du groupe britannique.
En France, certains en déduisent que la rumeur d'un désaccord franco-britannique cache une manoeuvre de déstabilisation du camp allemand pour mettre la pression sur ses deux partenaires étatiques et les deux industriels et faire accepter ses prétentions. Des voix en Allemagne se sont notamment élevées pour demander que le siège du futur groupe soit basé Outre-Rhin, et non pas à Toulouse comme prévu. Dans un entretien aux « Echos.fr », Florian Hahn, député CSU de Bavière, réclame aussi le transfert à Munich de la direction des activités sécurité, et Eurocopter.
Des prétentions qu'EADS n'envisage pas. « Il n'est pas question de transfert de siège entre la France et l'Allemagne. Celui d'Eurocopter restera à sa place (Marignane, NDLR), De même que ceux d'Astrium (Paris), et d'Airbus (Toulouse) . Les seules garanties que nous offrons portent sur le maintien des sites et de l'emploi », affirme-t-on de source proche du groupe aéronautique. Berlin s'en contentera-t-il, sachant que l'Allemagne risque de perdre dans l'opération le leadership de la branche défense d'EADS, qui basculerait logiquement à Londres.
Cet imbroglio n'a pas empêché l'action d'EADS de refaire une partie de sa perte depuis l'annonce du projet de fusion avec BAE, le 12 septembre, puisqu'elle a clôturé en hausse de 2.24 %, à 26,48 euros.
