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Le ministre de l’Economie se dit convaincu que la Commission ne mettra pas son veto au budget 2015 de la France. « Nous respecterons les traités et le budget de la France respectera les traités » - AFP
Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron s’est dit totalement convaincu dimanche que la Commission européenne ne mettra pas son veto au budget 2015 de la France. « Je suis totalement sûr, à ce stade, qu’il n’y aura pas d’avis négatif de la Commission parce que nous ne nous mettons pas dans cette situation. C’est la Commission qui va décider mais la France est un grand pays qui a à mener ce débat », a-t-il déclaré lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.
Le budget français pour 2015 pourrait être rejeté d’ici fin octobre par la Commission européenne, scénario humiliant que Paris cherche à éviter à tout prix. « Nous menons un débat qui est un débat, qui d’ailleurs a lieu dans d’autres enceintes comme au FMI (Fonds monétaire international) et ailleurs, qui est un débat sur la situation de la zone euro. La zone euro est en anémie. Elle a une croissance faible et une inflation faible », a-t-il commenté.
Le ministre a souligné que la responsabilité collective était de ne pas faire entrer la zone euro en stagnation voire en déflation. « Pour ce faire, il faut respecter les Traités, c’est ce que nous ferons, nous respecterons les traités et le budget de la France respectera les Traités », a insisté le ministre français. « Simplement, les règles font l’objet d’une discussion constructive avec la Commission et les commissaires européens », a-t-il ajouté.
Il a en outre souligné que la France faisait des économies: « les 21 milliards que nous devons faire en 2015, ils sont faits mais le ratio des déficits publics ramenés au PIB -- compte-tenu de ce dévissage du PIB européen et français par rapport à nos attentes initiales -- ne peut être atteint », a-t-il conclu.
Emmanuel Macron s’est par ailleurs dit « en désaccord » avec l’analyse et les critiques de l’ex-ministre Martine Aubry sur la politique économique du gouvernement. « J’ai beau respecter la personne, qui est une grande dirigeante, qui a été une grande ministre, je suis en désaccord avec l’analyse et donc avec les conclusions qu’elle en tire », a déclaré M. Macron.
Selon le ministre, la crise actuelle en France « n’est pas une crise comme les autres », elle résulte d’un « manque de compétitivité, une perte du muscle économique français, des marges trop faibles, un manque de mobilité de notre société, un manque de fluidité ». Il a estimé que « ce n’est pas avec des solutions classiques que nous pourrons réparer » tout cela, en ajoutant que si « les entreprises ont de meilleures marges, elles peuvent embaucher, faire de l’emploi ». Il a tout de même dit apprécier l’intervention de l’ancienne ministre des Affaires sociales du gouvernement Jospin: « C’est une bonne chose qu’elle prenne la parole aujourd’hui, car c’est un débat qui doit avoir lieu et qui est normal au sein du parti socialiste ».