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Cahuzac : Carrez et Marini « pas convaincus » par Bercy

Cahuzac : Carrez et Marini « pas convaincus »
par Bercy
Par Les Echos | 11/04 | 10:54 | mis à jour à 19:52 | lien

Les présidents UMP des commissions des Finances du Parlement, Gilles Carrez et Philippe Marini, se sont rendus à Bercy pour « vérifier » les actions menées par le ministère de l'Economie dans l'affaire Cahuzac.

Pierre Moscovici, ministre de l\'Economie - AFP
Pierre Moscovici, ministre de l'Economie - AFP

Dans l'affaire Cahuzac, la pression ne se relâche pas autour de Pierre Moscovici. Jeudi matin, « Valeurs actuelles » a indiqué que le ministre de l'Economie aurait envoyé une mission secrète en Suisse et connaîtrait depuis décembre 2012 l'existence du compte suisse de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac. Ce que dément vivement l'intéressé.

C'est dans ce contexte tendu que les présidents UMP des commissions des Finances du Parlement (MM. Carrez et Marini) ont fait savoir, qu'ils allaient se rendre dès jeudi à Bercy pour « vérifier les informations » de Valeurs actuelles. « Avec mon homologue au Sénat, Monsieur Philippe Marini, nous allons nous rendre à Bercy en fin d'après-midi, afin de vérifier les informations diffusées ce jour par Valeurs actuelles », a expliqué le député Gilles Carrez dans un courriel. Les présidents des commissions des Finances et les rapporteurs du budget du Parlement peuvent en effet avoir accès aux documents de l'administration fiscale, même ceux qui sont couverts par le secret

« Gagner du temps »

Jeudi, en fin de journée, après s'être rendus au ministère de l'Economie, Gilles Carrez et Philippe Marini ont jugé « peu probable » que le fisc ait diligenté une mission secrète en Suisse pour enquêter dans l'affaire Cahuzac, se disant toutefois « peu convaincus » par les réponses de Bercy. « On nous a donné des réponses très cohérentes mais peu convaincantes », a déclaré le sénateur Philippe Marini, à sa sortie du ministère de l'Economie, au côté du député Gilles Carrez.

L' « argumentaire » fourni par le directeur général des Finances publiques, Bruno Bézard, « sur bien des sujets ne nous a pas convaincus », a-t-il insisté. Mais « il est peu probable qu'une mission ait été diligentée en Suisse, je n'y crois pas » , a affirmé M. Marini.

M. Carrez s'est de son côté dit « fondé à penser que Jérôme Cahuzac a gagné du temps et que les autorités politiques dont il dépendait, Pierre Moscovici, mais peut-être plus haut encore, ne l'ont pas suffisamment incité à laisser partir le plus vite possible la demande d'information à la Suisse ».

« Politiquement instrumentalisées »

Dans la majorité, le rapporteur général du Budget, Christian Eckert (PS), s'est élevé jeudi contre des questions « politiquement instrumentalisées » de l'UMP sur la gestion par Bercy de l'affaire Cahuzac, épinglant notamment le président UMP de la commission des Finances de l'Assemblée Gilles Carrez. M. Eckert « s'étonne » aussi que, « quelques heures après la parution d'un article accusateur dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles, la presse ait été informée avant même les rapporteurs généraux et le ministre de l'Economie et des Finances des intentions de MM. Carrez et Marini de se rendre à Bercy pour +vérifier les informations+ alléguées ».

« Christian Eckert souhaite que toutes les questions nécessaires puissent être posées dans le cadre de la recherche de la vérité, mais sans que celles-ci ne soient politiquement instrumentalisées », lance-t-il en conclusion. S'interrogeant sur « les fondements et les raisons sous-jacentes de l'allégation » de Gilles Carrez sur la « difficulté qu'a la représentation nationale à obtenir une complète information sur la manière dont l'action de l'Etat a été diligentée » dans le dossier Cahuzac, M. Eckert affirme que les réponses de M. Moscovici aux présidents des commissions des Finances de l'Assemblée et du Sénat ont « toujours été à la fois rapides, précises et documentées ».

« Elles attestent de la probité et de la diligence de l'action de l'administration fiscale et du ministre de l'Economie et des Finances dans sa gestion du dossier de Jérôme Cahuzac », estime M. Eckert, en soulignant que le courrier envoyé par Gilles Carrez le 5 avril a trouvé une réponse de Pierre Moscovici « dès le lendemain ».

Demande plus fouillée

L'hebdomadaire « Valeurs actuelles » n'est pas le seul à mettre le ministre sur le grill. L'opposition le soupçonne en effet d'avoir cherché à couvrir Jérôme Cahuzac. Lundi, Pierre Moscovici a été pressé de répondre aux interrogations de l'opposition, et notamment du président de la commission des Finances de l'Assemblée, Gilles Carrez, sur la demande d'entraide administrative envoyée à la Suisse en début d'année sur le dossier Cahuzac.

A la lecture du dossier en fin de semaine dernière, ce dernier avait en effet estimé que la demande de la France aurait pu être plus fouillée. La convention fiscale franco-suisse permettait, selon lui, de demander des informations sur un compte éventuel de Jérôme Cahuzac , sans se limiter à mentionner le nom de la seule banque UBS. « J'ai posé cette question parce que je ne pouvais pas aller au-delà », a répondu Pierre Moscovici, répétant qu'UBS était « la seule banque » mentionnée à l'époque. Sinon s'est-il défendu, « j'aurais fait du « fishing » », c'est-à-dire de la pêche à l'information, effectivement proscrite par la convention fiscale.

LES ECHOS

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