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Deux matches, deux défaites face à des adversaires loin d’être des cadors européens, Bordeaux a décidé de lâcher la Ligue Europa. Un manque de respect pour une compétition qui, par le passé, a donné de grandes joies aux supporters girondins.
Francis Gillot avait annoncé la couleur la veille du match en conférence de presse: "On ne va pas se raconter des histoires et faire les hypocrites: dans la situation où on est, on se doit de faire attention au Championnat. L’année dernière, on était quatrièmes à la trêve, la question ne se posait pas, et on a d’ailleurs fait de très bonnes choses en Coupe d’Europe (huitièmes de finale, ndlr), mais aujourd’hui, la tête est quand même au Championnat." Confronté à de mauvais résultats en Ligue 1 (une seule victoire datant de fin août face à Bastia, une 17e place après 8 journées), l’entraîneur des Girondins a clairement décidé de sacrifier la Ligue Europa, à peine commencée et quasiment déjà perdue.
Une correction à Francfort en ouverture (3-0), une humiliation face au Maccabi Tel-Aviv jeudi pour la 2e journée (1-2), Bordeaux et son entraîneur ont pris le parti de prendre par-dessus la jambe la compétition continentale, preuve du peu de valeur que celle-ci a aux yeux de certains clubs européens, surtout français d’ailleurs si l’on se réfère aux résultats actuels (Saint-Etienne et Nice incapables de passer le cap des tours préliminaires, Bordeaux et Lyon mal partis en phase de poules), mais également aux éditions précédentes, puisque depuis que la Coupe de l’UEFA est devenue Ligue Europa, aucun club de Ligue 1 n’a dépassé le stade des huitièmes de finale, les derniers quarts-de-finalistes dans cette C3 étant l’OM et le PSG en 2008/09, l’AJA en 2004/05, tous éliminés à ce stade…
Jeudi, le coach girondin avait donc décidé de préserver ses meilleurs joueurs pour la réception de Sochaux dimanche (on imagine les conséquences si Bordeaux ne gagne pas...), alignant une équipe composée en bonne partie de joueurs ayant jusqu’ici eu très peu de temps de jeu en Championnat. Ce manque de rythme a fini par se payer, puisqu’après avoir mené 1-0, les Bordelais se sont écroulés, finissant par s’incliner 1-2 sous les sifflets de leur très maigre public (moins de 8000 spectateurs). Lorsqu’on lui demandait la veille si Bordeaux allait brader le match, Francis Gillot faisait mine de s’insurger, lançant à ses interlocuteurs: "Ça veut dire que vous, journalistes, vous dévalorisez ceux qui vont jouer". Le constat 24 heures plus tard est accablant sur le résultat et le service après-vente, le même Gillot expliquant après-coup: "Je suis déçu du résultat, mais je m’attendais à un match comme celui-là avec des joueurs qui n’ont pas le rythme. L’essentiel c’est le championnat, on n’a pas l’effectif pour jouer sur les deux tableaux avec le peu de recrues qu’on a eues."
Un pavé de plus dans la mare de dirigeants qui, à force de se voir reprocher leur pingrerie par leurs propres employés, vont peut-être finir par taper du poing sur la table, à moins qu’ils ne se satisfassent du désolant spectacle d’une équipe tournant le dos à une histoire européenne qui a pourtant offert de grandes heures aux supporters girondins qui n'ont pas oublié les exploits des générations Battiston-Giresse-Tigana ou Dugarry-Zidane-Lizarazu. Les images ont depuis bien jauni, la prochaine fois, messieurs les Girondins, ne vous qualifiez pas pour la Coupe d'Europe, cela évitera cette triste farce...