Selon la loi, un proxénète est une personne qui organise, protège ou profite de la prostitution d'autrui, qui peut être condamnée à 7 ans de prison et 150.000 euros d'amende. Si ce proxénétisme est aggravé - par la minorité en âge de la personne prostituée, sa vulnérabilité, une contrainte ou encore, et c'est le cas ici, par des complicités - la peine peut atteindre 10 ans de prison.
Les tribunaux jugent au cas par cas ce que risque réellement un proxénète, de quelques mois de prison à la réclusion criminelle à perpétuité. «Entre le petit proxénète qu'on va juger par principe, mais qui ne sera pas durement puni, et les réseaux organisés de l'Est par exemple qui font partie de la grande délinquance, il y a une différence», souligne un avocat.
Selon Frédéric Landon, avocat versaillais qui est intervenu dans plusieurs dossiers de ce type, le renvoi de DSK s'appuie sur un raisonnement atypique «On a ici affaire à un client qui ne profite pas directement de la prostitution en recevant une part de la rémunération des prostituées, mais qui obtient des services sexuels sans les payer. Si le tribunal décide qu'un client qui suggère une demande et ne paie pas est un proxénète, ça pourrait faire jurisprudence.»
