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Chez lui à Reims, samedi, Yohann Diniz a fait très forte impression, prenant les devants dès le début. De bout en bout, il a mené un train d'enfer, améliorant au final de trente secondes la meilleure performance française sur la distance (38'08''13), que Kévin Campion lui avait "pris" l'an dernier à Charléty (38'37''02).
On salivait d'un duel entre les deux marcheurs tricolores en vue. Mais Kévin Campion, deuxième en 40'01''50, n'a jamais été en mesure de contrarier les desseins de Yohann Diniz. Le sociétaire de l'Afa Feyzin-Vénissieux a intégré ce 10.000m dans le cadre de sa préparation pour le 20km des prochains Championnat d'Europe à Zurich. Avec la volonté de faire différemment que l'an passé, où son coup d'éclat à Charléty lui avait mis une forte pression qu'il a avait eu du mal à contenir. "Je suis plus serein que l'an dernier", corrobore-t-il. Il peut également envisager Zurich avec sérénité, lui qui sera en lice pour réaliser le triplé sur 50km (après ses victoires en 2006 à Göteborg et 2010 à Barcelone).
Yohann, l'objectif était-il de vous tester ?
J.D. : Non, mais j'avais un schéma de course qui était de partir sur 3'48'' – 3'50'' au kilo. C'est ce que j'ai fait. Je voulais accélérer sur la deuxième partie de course. Malheureusement, j'avais deux (cartons) rouges au 5e km. Il a donc fallu que j'assure. Je suis plutôt resté sur 3'49'' – 3'50''. Je pense que j'aurais pu faire moins de 38'. On va dire que c'est de bon augure pour l'année prochaine, avec le 20 et le 50 km. Il faut que ça sorte de ma tête. Je suis frustré (de ne pas faire le 20 km à Zurich). Mais j'avais tout remis à plat cette année et il faut que je défende mon titre sur 50 km aux championnats d'Europe. Il faudra venir me chercher. Ça ne sera pas comme l'année dernière. Je pense que je serais plus difficile à battre et plus concentré (10e à Moscou).
Vous étiez en tout cas beaucoup mieux qu'en 2013 (2e en 39'27''63).
J.D. : L'an dernier, je n'étais pas bien mentalement et physiquement. Je pense que j'avais beaucoup trop donné à Dudince en remportant la coupe d'Europe sous 30 degrés (le 19 mai 2013, 3h41'07''). Je n'ai pas l'organisme des Russes et je ne récupère pas si vite. Malheureusement à Moscou, je pense que j'ai payé le fait d'avoir fait deux 50 km avant les Mondiaux (également 3h49'52'' en mars 2013). Là, j'ai plutôt du jus après m'être fracturé le calcanéum et après avoir fait deux mois et demi d'arrêt.
Vous avez mis l'accent sur le court à l'entraînement avec Gilles Rocca ?
J.D. : En changeant d'entraîneur, j'ai repris les gammes techniques. Même si aujourd'hui il faudra analyser car j'ai pris deux cartons (sourire). Le but, c'était surtout de me redonner confiance, que je ne regarde plus sur le côté pour chercher le regard de mon entraîneur ou d'une tierce personne afin de trouver un échappatoire. C'est me recentrer sur mon moi-même. C'est moi qui marche et ce n'est pas les autres qui sentent ce que j'ai dans les jambes. C'est ce qu'il a essayé de m'inculquer.
Gilles Rocca a surtout eu une influence sur l'aspect mental ?
J.D. : Gilles m'a parlé vrai en rentrant des Mondiaux à Moscou. Il est au club (Efs Reims) depuis très longtemps. C'est le seul qui m'a dit mes quatre vérités. Il ne m'a pas caressé dans le sens du poil. Il m'a dit qu'il fallait que j'arrête de trouver des échappatoires : les ravitaillements ou tout le reste. Ça m'a plu. C'est dont ce j'avais besoin. Avec Pascal (Chirat), on s'appréciait tellement que l'on était trop dans l'affectif. A Moscou, on était tous les deux assis à côté d'un banc après la course, et on était tous les deux affecté par la défaite. On ne pouvait pas continuer comme ça. Et là, avec Pascal, ça se passe très bien. Je suis même parti avec lui en Afrique du Sud en janvier pendant trois semaines. Il n'y a aucun problème.
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