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Chaos

Chaos
<time datetime="2013-04-04T22:41:58+02:00" itemprop="datePublished">4 avril 2013 à 22:41     </time>lien
 

En pleine tourmente économique et sociale, François Hollande et Jean-Marc

Ayrault ont perdu un peu plus de leur crédit. Si Jérôme Cahuzac en est le premier responsable, le couple exécutif ne peut balayer sa faute d’un revers de manche.

Celle de ne pas avoir contraint plus tôt le ministre du Budget à quitter le gouvernement. Le paradoxe est que cette faute est le résultat d’une vertu.

La  vertu d’avoir laissé la justice faire son travail, enquêter en toute

indépendance. A l’inverse du procureur de Nanterre qui, sous Nicolas

Sarkozy, obéissait aux ordres pour bloquer l’affaire Bettencourt, le procureur

de Paris a mené sanspressions ses investigations, jusqu’à provoquer, en

moins de trois mois, la chute de Jérôme Cahuzac. Mais c’est pour avoir

attendu les conclusions de l’enquête du parquet que Hollande et Ayrault

ont fauté.

Les indices, même s’ils ne constituaient pas des preuves absolument

irréfutables de l’existence du compte suisse de Cahuzac, imposaient au

Président de prendre la décision de se séparer de son ministre. Une

décision politique distincte de la décision judiciaire à venir. La présomption d’innocence n’empêche pas de défendre l’intérêt de l’Etat. Pour avoir calqué

 l’agenda politique sur l’agenda judiciaire, mêlé deux temporalités, le Président

a pris le risque du chaos et des soupçons de complaisance. L’indépendance

de la justice ne peut être une entrave à la décision politique.

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