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En pleine tourmente économique et sociale, François Hollande et Jean-Marc
Ayrault ont perdu un peu plus de leur crédit. Si Jérôme Cahuzac en est le premier responsable, le couple exécutif ne peut balayer sa faute d’un revers de manche.
Celle de ne pas avoir contraint plus tôt le ministre du Budget à quitter le gouvernement. Le paradoxe est que cette faute est le résultat d’une vertu.
La vertu d’avoir laissé la justice faire son travail, enquêter en toute
indépendance. A l’inverse du procureur de Nanterre qui, sous Nicolas
Sarkozy, obéissait aux ordres pour bloquer l’affaire Bettencourt, le procureur
de Paris a mené sanspressions ses investigations, jusqu’à provoquer, en
moins de trois mois, la chute de Jérôme Cahuzac. Mais c’est pour avoir
attendu les conclusions de l’enquête du parquet que Hollande et Ayrault
ont fauté.
Les indices, même s’ils ne constituaient pas des preuves absolument
irréfutables de l’existence du compte suisse de Cahuzac, imposaient au
Président de prendre la décision de se séparer de son ministre. Une
décision politique distincte de la décision judiciaire à venir. La présomption d’innocence n’empêche pas de défendre l’intérêt de l’Etat. Pour avoir calqué
l’agenda politique sur l’agenda judiciaire, mêlé deux temporalités, le Président
a pris le risque du chaos et des soupçons de complaisance. L’indépendance
de la justice ne peut être une entrave à la décision politique.