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Chefs d’Etat controversés : François Hollande a-t-il renié sa promesse ?

Chefs d’Etat controversés : François Hollande a-t-il renié sa promesse ?

La réception le week-end dernier de François Hollande par le très controversé président congolais Joseph Kabila a relancé la polémique sur l'une de ses promesses de campagne. S'était-il engagé à ne pas recevoir de "dictateurs" à l'Elysée ? Avait-il promis de ne pas leur rendre visite ? Quel chef d'Etat peut-il être considéré comme "dictateur" ? Retour sur un feuilleton de neuf mois.

 

22 janvier 2012

"Présider la République, c'est ne pas inviter de dictateurs en grand appareil à Paris"

C'est lors de son discours du Bourget que François Hollande lance sa promesse. Une manière de marquer sa différence avec Nicolas Sarkozy, qui avait notamment reçu Mouammar Kadhafi et Bachar el-Assad lors de son quinquennat.

VIDEO

(En cas de problème d’affichage, cliquez ici pour visualiser la chronologie)

Au total, François Hollande a accueilli pas moins de onze hauts dignitaires de régimes autoritaires. Il a également rencontré Joseph Kabila en République Démocratique du Congo, autre chef d'Etat à la réputation sulfureuse.

Les promesses de François Hollande se heurtent donc à la realpolitik, même s'il faut souligner ses efforts pour coller au maximum à ses promesses : pas de réception « en grand appareil » à l'Elysée et une prise de distance avec Joseph Kabila à Kinshasa.

Contactés, l'Elysée et le ministre des Affaires étrangères n'ont - à ce jour - pas encore souhaité s'exprimer sur la qualification de ces chefs d'Etat.

Dictateur ou pas dictateur ?

Le terme de "dictateur" employé par François Hollande est sujet à polémique. Originellement chef militaire à qui le Sénat romain octroyait tous les pouvoirs en temps de crise, le mot "dictateur" revêt aujourd'hui un caractère péjoratif.

En l’absence de critères objectifs, Lui Président a donc préféré lister dans cette chronologie les chefs d'Etat ou très hauts dignitaires de pays considérés comme des « régimes autoritaires » par l'Index de la Démocratie 2011.

Cet indice produit chaque année par l'Economist Intelligence Unit est basé sur cinq critères :

    • le processus électoral et le pluralisme
    • les libertés civiles
    • le fonctionnement du gouvernement
    • la participation politique
    • la culture politique

Sont également pris en compte les libertés d'expression, de religion, d'association, et le droit à un procès juste et équitable.

Une pratique habituelle sous la Ve République

Tous les prédécesseurs de François Hollande sans exception ont reçu au cours de leur mandat des homologues considérés comme des dictateurs : Mouammar Kadhafi (Libye) reçu par Nicolas Sarkozy, Bachar el-Assad (Syrie) par Jacques Chirac ou encore Slobodan Milosevic (Serbie) par François Mitterrand.

 

Clément Parrot, Corentin Dautreppe et Maxime Vaudano

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