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Chine : Nouvel affrontement meurtrier au Xinjiang

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Nouvel affrontement meurtrier au Xinjiang, peut-être une centaine de morts et de blessés
AFPQC2
Publication: <time datetime="2014-07-30T05:25:58-04:00">30/07/2014 05:25 EDT </time>Mis à jour: <time datetime="2014-07-30T05:45:17-04:00">il y a 5 heures       </time>lien 
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De nouveaux affrontements d'une grande violence ayant éclaté juste avant la fin du ramadan au Xinjiang, région musulmane du nord-ouest de la Chine, ont fait des dizaines de morts et blessés -- voire une centaine selon un groupe de défense des Ouïghours, principale ethnie de la région.

Un gang d'assaillants "armés de couteaux" a attaqué lundi matin un poste de police et des bâtiments officiels dans le district de Shache --ou Yarkand dans la langue ouïghour--, avait annoncé mardi soir l'agence officielle Chine Nouvelle.

Les forces de police ont "abattu des dizaines" d'assaillants "qui s'en prenaient aux civils et aux véhicules", a ajouté le média d'Etat, parlant d'une "attaque terroriste préméditée".

"L'affrontement a fait une centaine de morts et de blessés", a affirmé mercredi pour sa part Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, une organisation basée en Allemagne, citant des sources locales mais précisant n'avoir pas les moyens de vérifier ce bilan.

Précédemment, M. Raxit avait parlé de 20 morts ouïghours et de dix autres blessés, ainsi que d'un total de 13 policiers chinois tués ou blessés. Chine nouvelle évoquait, elle, "des dizaines de blessés et de morts civils", à la fois Ouïghours et Hans (Chinois de souche).

Le Xinjiang compte plus de neuf millions de Ouïghours, des musulmans turcophones en partie hostiles à la tutelle de Pékin, et dont une frange radicalisée est, selon les autorités, à l'origine de sanglants attentats commis ces derniers mois dans la région et en-dehors.

<hl2>--'Politique extrême'--</hl2>

D'après une "source proche des évènements", citée mercredi par le quotidien officiel Global Times, tout aurait débuté lundi par des contrôles de sécurité ayant mal tourné.

"Les contrôles étaient renforcés en raison d'une foire commerciale, et vers 5 heures du matin, la police a identifié dans la foule des individus porteurs de produits explosifs", a expliqué le quotidien.

"Une altercation s'est produite, des voyous sont parvenus à échapper (aux force de l'ordre) et ont incité d'autres personnes à venir attaquer les bâtiments gouvernementaux et le poste de police dans la matinée", a-t-il poursuivi.

Des employés d'hôtels et de restaurants à Shache, contactés par l'AFP, ont affirmé ne pas avoir connaissance des évènements de lundi.

"Nous demandons (à Pékin) d'arrêter de distordre la vérité sur l'affaire de Shache", dans laquelle "la Chine ne peut éluder sa responsabilité", a exhorté Dilxat Raxit, faisant état d'un "usage excessif de la force armée" et réclamant "une enquête indépendante".

"Les Ouïghours se soulèvent pour protester contre la politique extrême de la Chine" et "la répression armée par les autorités conduit à des morts et blessés des deux côtés", a-t-il estimé.

Ces affrontements sont survenus à la veille de la fête de l'Aïd el-fitr --qui marque la fin du ramadan--.

Ils interviennent à la suite d'un attentat-suicide perpétré en mai sur un marché d'Urumqi, capitale du Xinjiang, qui avait fait 43 morts, dont les quatre agresseurs, et une centaine de blessés.

Lui-même succédait à une tuerie en mars à la gare de Kunming, dans la province du Yunnan (sud), où 29 personnes avaient été tuées à l'arme blanche et quelque 140 blessées, première attaque de cette ampleur en-dehors du Xinjiang.

En réaction, Pékin --et le président Xi Jinping en tête-- ont annoncé une vaste campagne de lutte antiterroriste, qui s'est traduite par au moins 13 exécutions, des centaines d'interpellations et des condamnations en masse au terme de procès expéditifs.

Mais ces épisodes répétés de violences témoignent des difficultés de l'appareil sécuritaire chinois à prévenir les troubles, constants dans la région depuis de meurtriers affrontements interethniques survenus en 2009 à Urumqi.

Dans ce même district de Yarkand, à 200 km environ au sud-est de la ville de Kashgar, huit assaillants avaient été tués fin décembre par la police dans l'attaque d'un commissariat par des personnes armées de couteaux et d'explosifs.

Des groupes de défense des droits de l'homme estiment que la politique répressive menée par Pékin à l'encontre de la culture et de la religion des Ouïghours alimente les tensions et les violences dans la région.

Les autorités chinoises ont ainsi fortement restreint pour les musulmans du Xinjiang les possibilités d'observer le jeûne du ramadan, auquel fonctionnaires, enseignants et étudiants se sont vus interdire de prendre part.

De nombreux Ouïghours se disent par ailleurs victimes de discriminations et exclus des bénéfices des investissements chinois au Xinjiang.

jug/ple/fw

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