C'est un ultimatum. La Commission européenne a jugé "essentiel" samedi soir qu'un accord soit trouvé sur le plan de sauvetage de Chypre "dimanche soir" au cours de la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles. "Cet accord doit ensuite être rapidement mis en œuvre par Chypre et ses partenaires de la zone euro", a ajouté le commissaire. européen chargé des affaires économiques, Olli Rehn, alors que le pays est sous la menace de la Banque centrale européenne (BCE) de cesser de fournir des liquidités aux banques lundi.
Le plan initial approuvé en fin de semaine dernière par la zone euro et le FMI (Fonds monétaire international) comprenait l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur tous les dépôts bancaires de l'île. Très controversé, ce prélèvement sans précédent a conduit au rejet du plan par le Parlement chypriote, plongeant dans la tourmente l'ensemble de la zone euro et amenant chypre au bord de la faillite.
20% sur les dépôts supérieurs à 100.000 euros
En quête d'un nouveau plan, gouvernement chypriote et représentants de la troïka se sont mis d'accord samedi sur la création d'une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires supérieurs à 100.000 euros de nature à satisfaire les attentes des pays de la zone euro avant la réunion des ministres des Finances, dimanche à Bruxelles. Le ministre chypriote des Finances, Michael Sarris, a fait état de "progrès significatifs" dans les négociations avec les créanciers internationaux.
L'accord prévoit un prélèvement de 20% sur les dépôts supérieurs à 100.000 euros détenus par la Bank of Cyprus, principale banque du pays et une taxe de 4% sur les comptes affichant un solde identique gérés par les autres institutions bancaires, a indiqué un haut responsable chypriote.
Un tiers du PIB à trouver...
Chypre doit trouver d'ici lundi 7 milliards d'euros -plus du tiers de son PIB-, pour débloquer l'aide internationale de 10 milliards d'euros de la troïka et obtenir que la BCE continue de fournir des liquidités d'urgence à ses banques. Pour éviter un effondrement de l'économie, les députés ont adopté vendredi soir les premières mesures liées au plan: une restructuration du secteur bancaire, la création d'un fonds de solidarité et une limitation des mouvements de capitaux pour éviter une trop forte pression sur les banques à leur réouverture, prévue mardi. Des centaines d'employés de banques inquiets ont manifesté samedi après-midi à Nicosie
Mardi, le Parlement avait rejeté l'idée d'une taxe exceptionnelle allant jusqu'à 9,9% sur tous les dépôts bancaires, censée rapporter 5,8 milliards d'euros. Cette proposition scandalisait la plupart des Chypriotes. "Le Parlement va bientôt être invité à adopter des décisions difficiles. Certains aspects seront douloureux, mais il faut sauver le pays", a prévenu vendredi le président chypriote. La taxe sur les dépôts semble d'autant plus inévitable que l'option d'une aide russe, caressée par Nicosie afin d'obtenir une partie de l'aide nécessaire, s'est refermée, au moins dans l'immédiat. Du côté de l'UE et de la zone euro, dont Chypre fait respectivement partie depuis 2004 et 2008, l'exaspération se fait croissante, en particulier à Berlin. La chancelière Angela Merkel a prévenu vendredi qu'il ne fallait "pas abuser de la patience des partenaires de la zone euro".
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