L'ex-eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit a enjoint les élus verts au Parlement européen de soutenir la candidature du conservateur Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, dans un entretien à la presse allemande publié samedi 31 mai.
"Je recommande aux Verts, et pourtant je le répète j'ai beaucoup de critiques à l'égard de Juncker, mais cette fois-ci je conseille aux Verts d'assurer une majorité à Juncker", a poursuivi Daniel Cohn-Bendit. "Alors peut-être que nous pourrons faire évoluer la démocratie européenne", a-t-il ajouté.
Daniel Cohn-Bendit, de nationalité allemande mais qui a passé le plus clair de sa vie en France, a lui-même siégé pendant 20 ans au Parlement européenne sous la bannière des Verts, devenant une personnalité marquante de cette assemblée. Il ne s'est pas représenté cette année.
Les Verts ont obtenu 52 sièges des 751 que compte le Parlement européen.
Après le scrutin européen du 25 mai, la course est lancée pour trouver un nouveau président de la Commission européenne. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker paraît bien placé puisque les partis conservateurs, qu'il représente, constituent la première force de la nouvelle assemblée.
Mais Jean-Claude Juncker doit pour cela obtenir une double majorité : celle des chefs d'Etat et de gouvernement, et au minimum 376 voix au Parlement. Or le Luxembourgeois se heurte à la franche hostilité de plusieurs dirigeants conservateurs qui le jugent trop européen ou le considèrent comme un homme du passé.
Ces dirigeants hostiles sont le Premier ministre britannique David Cameron mais aussi, selon plusieurs sources européennes, le Hongrois Viktor Orban, le Suédois Fredrik Reinfeldt, le Néerlandais Mark Rutte ou le Finlandais Jyrki Katainen, dont le nom est par ailleurs cité pour le poste.
Quid d'Angela Merkel, dont le pays envoie le plus grand nombre de députés (96) au Parlement européen ? Bien que Jean-Claude Juncker soit le candidat de sa famille politique, elle n'a pas, dans les jours qui ont suivi les résultats des élections européennes, appuyé expressément sa candidature, ce qui lui a valu des critiques de la part des médias allemands.
La chancelière allemande a finalement apporté son soutien explicite au Luxembourgeois dans un discours prononcé vendredi à Ratisbonne, dans le sud de l'Allemagne
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