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Comment la Grande-Bretagne espionnait avec l'aide d'opérateurs

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Comment la Grande-Bretagne espionnait
avec l'aide d'opérateurs

Le Monde.fr | <time datetime="2013-08-03T15:05:26+02:00" itemprop="datePublished">03.08.2013 à 15h05</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-08-03T15:11:22+02:00" itemprop="dateModified">03.08.2013 à 15h11</time>

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Le GCHQ, service de renseignements électroniques du gouvernement britannique, est impliqué comme la NSA dans le scandale du cyberespionnage.

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On savait depuis le 21 juin que le Royaume-Uni possédait son propre système de surveillance électronique, baptisé "Tempora", sur le modèle du "Prism" britannique. Les dernières révélations du lanceur d'alertes Edward Snowden, publiées vendredi dans le quotidien allemand Süddeutsche, nous apprenent que sept compagnies de télécommunications mondiales ont collaboré sciemment avec le GCHQ – l'agence de renseignement électronique britannique – pour l'alimenter en données.

British Telecom, Vodafone Cable, Verizon Business, Global Crossing, Level 3, Viatel et Interoute ont en effet offert au GCHQ un accès illimité et secret à leurs câbles, qui transportent une grande part des communications téléphoniques et du trafic internet mondial. Si des sources dans le renseignement britannique assurent au Guardian que ces entreprises "n'avaient d'autre choix que de coopérer", et que toutes assurent "se conformer aux lois nationales", leurs clients pourraient leur demander des comptes, alors qu'il apparaît qu'elles sont bien plus complices des activités d'espionnage britannico-américaines qu'on le pensait jusqu'alors.

UNE STATION D'ÉCOUTE FINANCÉE PAR LA NSA

Concrètement, le GCHQ dispose d'une station à Bude, sur la côte ouest de la Grande-Bretagne, qui lui permet de se servir dans les informations de tous les câbles transatlantiques qui arrivent d'Amérique. Son réaménagement a notamment été financé à hauteur de 15,5 millions de livres (17,8 millions d'euros) par son partenaire historique, la NSA, l'agence de sécurité intérieure américaine, comme l'a révélé jeudi le Guardian. Les métadonnées des communications interceptées sont ensuite stockées pendant trente jours. L'agence a les moyens de traiter 600 millions d'"évènements téléphoniques" et 21 pétaoctets de données chaque jour.

<figure class="illustration_haut"> Les services de renseignements britanniques auraient accès aux câbles transatlantiques à fibres optiques par lesquels transitent les communications téléphoniques et Internet. Grâce à des accords secrets passés avec les entreprises qui exploitent ces câbles, les services secrets de Sa Majesté partagent les données avec leurs homologues américains. Ces données transitent par le site de Bude, dans les Cornouailles. </figure>

Autre révélation problématique : non seulement le GCHQ pioche dans les câbles de ses sept "partenaires d'interception" – terme utilisé pour désigner les compagnies de télécom dans des documents publiés par Snowden –, mais il éplucherait également les contenus de câbles que ceux-ci opèrent sans posséder, sans en informer les propriétaires. Ce qui augmente sensiblement la masse des données auxquelles il aurait accès.

"RELATION SPÉCIALE" ENTRE AMÉRICAINS ET BRITANNIQUES

Toutes ces informations sont ensuite stockées dans les bases de données de la GCHQ, et accessible librement par environ 300 de ses employés, par l'intermédiaire de l'outil "XKeyscore".

Lire : L'outil qui permet à la NSA d'examiner "quasiment tout ce que fait un individu sur Internet"

Pour se défendre, les sources du Guardian dans le renseignement répètent que "toutes les parcelles de données ne sont pas espionnées". "L'énorme majorité d'entre elles sont supprimées sans avoir été consultées, car nous n'en avons pas les moyens humains", ajoutent-elles, assurant rechercher "les aiguilles" dans la botte de foin de ces interceptions. Les documents publiés par Snowden montrent pourtant que le GCHQ se réfère continuellement à des plans pour accroître ses capacités d'interception à l'avenir.

Enfin, ces données servent également à alimenter la NSA américaine, qui fait quasiment office de maison-mère pour le GCHQ, conformément au traité américano-britannique signé en 1946. Le Royaume-Uni a ainsi invité 250 analystes de la NSA à travailler sur les données enregistrées par Tempora, en ne leur imposant aucune restriction.

Lire également : Le Royaume-Uni, maître-espion

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