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Imbroglio diplomatique dans le ciel français. Après plusieurs heures de confusion, la Suisse a admis, lundi 19 octobre, que l'un de ses avions de chasse avait approché d'un peu trop près un appareil diplomatique qui transportait le président du Parlement russe vers Genève, une manoeuvre jugée "dangereuse" par Moscou.
Cet incident a conduit à un bref accrochage entre Moscou et Paris, la Russie ayant dans un premier temps incriminé un appareil militaire français avant de reconnaître son erreur et de s'excuser. Retour sur cet embrouillamini diplomatique.
Vers 16h30 ce lundi, une dépêche AFP nous apprend que la diplomatie russe a convoqué l'ambassadeur de France à Moscou pour lui signifier sa "profonde préoccupation". La raison du courroux du gouvernement de Dmitri Medvedev ? Un avion de chasse de l'armée de l'air française se serait approché "dangereusement" de celui du président de la Douma (Parlement russe), Sergueï Narychkine, en route pour Genève avec une délégation pour assister à une réunion de l'Assemblée de l'Union interparlementaire (UIP).
Selon la porte-parole de Sergueï Narychkine jointe par l'AFP, Evguenia Tchougounova, qui était à bord du vol, l'avion de chasse s'est approché "très près" et un des membres de la délégation russe a même été en mesure d'en prendre une photo. De quoi rendre sûr de son fait Moscou.
Et Moscou a matière à s'inquiéter. Sergueï Narychkine figure en effet depuis le début de la crise ukrainienne sur la liste des personnalités russes sanctionnées par l'Union européenne et par conséquent interdites de séjour sur son territoire.
"C'est pas nous, c'est les Suisses !", aurait pu répondre en résumé Paris. Car, visiblement surpris par les accusations de la Russie, le Quai d'Orsay réplique sans tarder, en expliquant que l'avion qui s'est approché dans le ciel français de l'appareil russe n'est pas français mais... Suisse.
Explication de la présence de cet appareil helvète dans le ciel français : la Suisse, en application d'un accord visant la protection de Genève, a une autorisation de survol dans l'est de la France.
Face à ce démenti ferme de la France, le ministère russe des Affaires étrangères décide logiquement de contacter les autorités suisses pour tenter d'éclaircir l'incident. Ce que ne va pas manquer de faire le ministère de la Défense suisse.
En début de soirée, ce dernier confirme qu'un avion F-18 de son armée a bien approché pour un "contrôle de routine" celui du président de la chambre basse du Parlement russe. Le contrôle a eu lieu "sur le territoire suisse, au-dessus de Bienne", précise même un porte-parole du ministère, Peter Minder.
La fin de l'imbroglio diplomatique ? Pas vraiment. Dans la soirée, Paris adresse une réprimande à Moscou dans un communiqué commun des ministères des Affaires étrangères et de la Défense :
Finalement, c'est la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, qui met fin aux bisbilles franco-russes. Elle indique que Moscou a présenté ses excuses par voie diplomatique à Paris et demandé en retour des explications aux Suisses.
G.S.