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Commission européenne : les dirigeants des 28 choisissent Jean-Claude Juncker

Commission européenne : les dirigeants des 28 choisissent Jean-Claude Juncker

M.-L.W. avec AFP | Publié le 27.06.2014, 15h27 | Mise à jour : 20h27

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L'ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a été désigné vendredi par les dirigeants européens pour présider la Commission européenne. Au parlement de décider à présent.
L'ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a été désigné vendredi par les dirigeants européens pour présider la Commission européenne. Au parlement de décider à présent. | (AFP/Odd Andersen?)
 
L'ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a reçu vendredi de tous chefs d'Etats de l'UE, Royaume-Uni et Hongrie exceptés, réunis à Bruxelles pour devenir président de la Commission européenne, en remplacement de José Manuel Barroso. Le Parlement européen devrait a priori confirmer ce choix par un vote le 16 juillet, comme le prévoit le Traité de Lisbonne.<btn_noimpr> </btn_noimpr>  

Sauf surprise, le Luxembourgeois de  59 ans, qui s'est dit «fier et honoré», devrait obtenir à Strasbourg au moins 376 voix sur 751 nécessaires à son élection. Le soir même, les dirigeants de 28 doivent notamment décider qui occupera  le poste de Haut représentant pour les Affaires extérieures à la place de Catherine Ashton et le poste de président du Conseil européen, en remplacement de Herman Van Rompuy. 
Le nom de l'ancien Premier ministre socialiste, Jean-Marc Ayrault, circule mais la favorite est la Première ministre danoise social-démocrate, Helle Thorning-Schmidt.



Cameron : «C'est un jour sombre pour l'Europe»

«La décision est prise. Le Conseil de l'Union européenne propose Jean-Claude Juncker comme prochain président de la Commission européenne», écrit le président du Conseil Herman Van Rompuy sur Twitter. Cette désignation était prévue mais elle avait déclenché l'ire du Royaume-Uni. Le Premier ministre britannique, David Cameron, a livré jusqu'au bout une bataille contre
 ce candidat choisi par la droite européenne du PPE. C'est la «mauvaise personne», avait-il martelé vendredi avant le vote. «C'est un jour sombre pour l'Europe», a-t-il déclaré après. 

Juncker, le fédéraliste

Tous deux n'ont pas la même vision de l'Union européenne.  Ainsi David Cameron lui reproche «d'avoir été au cœur du projet européen pour accroître les pouvoirs de Bruxelles et réduire le pouvoir des Etats». Le Premier ministre britannique, qui exige un rapatriement de nombreuses compétences européennes à Londres, est soumis dans son pays à une forte pression des europhobes de
 l'UK Independence Party (Ukip), sorti grand vainqueur des élections européennesà moins d'un an des législatives. «J'ai dit aux dirigeants européens qu'ils pourraient le regretter toute leur vie», a même déclaré David Cameron.  

La promotion de la construction européenne a toujours été au centre de la politique l'ancien chef de l'Eurogroupe*, avec une vision fédéraliste qui lui valut en 2006 de recevoir le prestigieux prix Charlemagne pour l'unification européenne. 

VIDEO. Juncker désigné à la tête de la Commission européenne


Hollande et Renzi demandent plus de flexibilité

Malgré de nombreuses réticences initiales, tous les dirigeants, de droite comme de gauche, s'étaient progressivement ralliés à la candidature de Juncker, sauf David Cameron et Viktor Orban, le Premier ministre hongrois.

Les dirigeants sociaux-démocrates, emmenés par le français François Hollande et leur figure montante, l'italien Matteo Renzi, veulent en échange de leur soutien à Jean-Claude Juncker une plus grande «flexibilité» dans l'application des règles budgétaires, afin de soutenir l'investissement et la croissance. Mais les tenants de l'orthodoxie, au premier rang desquels la chancelière allemande Angela Merkel, ont répété qu'il n'était pas question de modifier le pacte.


La France veut une vice-présidence

La France souhaite obtenir une vice-présidence au sein de la future Commission européenne, a fait savoir vendredi le président François Hollande à Bruxelles. La question des noms pour des futurs commissaires n'a «pas été sur la table» vendredi. «Aucun pays n'a fait de demande particulière», a-t-il ajouté.

L'ancien ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a de bonnes chances d'être le prochain représentant de la France au sein de la Commission. Il vise un poste économique, mais pas forcément celui des Affaires économiques, chargé de surveiller si les Etats membres respectent les règles budgétaires. Ce poste serait particulièrement sensible pour la France qui est sous pression pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB l'an prochain.


*L'Eurogroupe comprend les ministres des Finances de la zone euro.

VIDEO. Cameron livre jusqu'au bout bataille contre Juncker


Un habile négociateur
Né le 9 décembre 1954 dans un des six Etats fondateurs de l'Union européenne, un petit pays niché entre la France et l'Allemagne, chrétien-social habitué des coalitions avec les socialistes, avec lesquels il a quasiment toujours gouverné, il a toujours fait preuve d'un grand art de la négociation et du compromis.

Il a vécu la profonde transformation de l'Union, l'échec du traité constitutionnel en 2005 et l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne quatre ans plus tard, la naissance de la monnaie unique, puis la crise de la dette et le sauvetage de l'euro, une tâche à laquelle il s'est consacré pendant huit ans à la tête de l'Eurogroupe.

«Il a l'expérience, avec ses avantages et ses inconvénients, il peut faire la synthèse entre une droite sociale et la gauche social-démocrate, il est de double culture française et allemande», estime l'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici


Les réactions

François Bayrou (MoDem) «Je forme des voeux pour que Jean-Claude Juncker soit pour l'Europe le président de la Commission actif et innovant dont elle a besoin (...) C'est un homme non seulement de grande expérience mais de profonde conviction européenne. Il est depuis son plus jeune âge engagé dans la défense et la promotion d'un projet de société solidaire sur le plan social et capable de relever les défis (...) Je crois et j'espère que les circonstances vont lui offrir l'occasion de faire faire à l'Europe un pas vers sa prise de conscience politique.» 

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République). «Alors que les peuples européens se sont exprimés aux dernières élections européennes en faveur d'une réorientation radicale de l'Union européenne, soit en ne se déplaçant pas pour voter, soit en portant leur choix sur une liste eurosceptique, les chefs d'Etats ont choisi de nommer celui qui fut pendant dix-huit ans le tenancier du pire paradis fiscal. C'est comme s'ils avaient choisi un patron de bar à vins pour désintoxiquer des alcooliques». Et de poursuivre : «Partisan des politiques d'austérité, (Juncker, Ndlr) toujours fait preuve de beaucoup d'indulgence vis-à-vis des marchés financiers, beaucoup moins avec les peuples européens. Ce n'est décidément pas sa nomination qui va réconcilier les citoyens européennes avec l'Union européenne.»

Floriant Philippot (FN)

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LeParisien.fr

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