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Dans une déclaration lue depuis le siège de l'UMP, le président du parti Jean-François Copé a annoncé le lancement, «dès la semaine prochaine», d'une souscription nationale pour renflouer les caisses du parti, «pour que vive la démocratie», avant d'appeler sa famille politique «à faire bloc», mettant en avant le besoin de «mobilisation, de rassemblement et de courage», après le rejet des comptes de campagne de Sarkozy par les Sages, une décision jugée «grave» par le président de l’UMP.
Le visage grave, Copé a appelé «les militants», «sympathisants» et tous les Français à répondre à cette campagne de dons «afin de barrer la route» à ceux qui rêvent de «voir l’espace politique français monopolisé par la gauche et par les partis extrémistes». «La voix de l’UMP ne s’éteindra pas», a-t-il promis.
Dans un communiqué, l'UMP avait auparavant déclaré avoir pris «acte» de la décision des Sages et annoncé son intention de réunir la semaine prochaine son bureau politique (direction) «afin d’examiner toutes les conséquences». «Nous prenons acte de la décision du Conseil constitutionnel qui annule l’intégralité du compte de campagne de Nicolas Sarkozy pour un dépassement de 2,1%. Nous allons en examiner tous les considérants», écrivait alors Jean-François Copé. «Je réunirai la semaine prochaine le Bureau politique statutaire de l’UMP afin d’examiner toutes les conséquences de cette décision», ajoute-t-il.
Après l'annonce du rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy par le Conseil constitutionnel, l'ex-Premier ministre François Fillon a de son côté appelé sur Twitter sa «famille politique» à «assumer de manière solidaire les conséquences financières».

Valérie Debord, déléguée générale adjointe à l’UMP, a pour sa part qualifié jeudi «d’un peu excessive» la décision du Conseil constitutionnel. «Son compte de campagne a été rejeté pour 2,1 % c’est-à-dire qu’on rejette 11 millions pour 460 000 euros qu’on considère comme n’étant pas dans le cadre. Vous considérerez avec moi que c’est juste un peu excessif», a déclaré l’ancienne députée de Meurthe-et-Moselle sur BFMTV. «C’est une interprétation et c’est la première fois que cette interprétation l’emporte», a affirmé Valérie Debord. A partir de maintenant, «un président en exercice qui se représente à sa succession ne pourrait plus du tout avoir aucune activité pendant l’année qui précède», a-t-elle déclaré, anticipant des difficultés à venir pour la prochaine campagne présidentielle.
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Le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux a quant à lui salué la décision du Conseil constitutionnel : «Les rejets successifs qui ont eu lieu ont été des rejets faits en fonction du droit et de la législation en vigueur. Il y avait des comptes truqués et il y a des comptes rejetés. Donc, ceux qui disent le droit en matière de comptes de campagne sont tous arrivés à la même conclusion: les comptes n’étaient pas valides. Il est normal qu’ils aient été rejetés.»
Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, estime pour sa part que cette décision constitue «un échec cinglant pour Copé». «Il n’y a pas à se réjouir, il faut prendre acte de la décision du Conseil constitutionnel qui confirme la décision de la commission des comptes de campagne qui avait considéré que le plafond des dépenses a été dépassé», a déclaré Harlem Désir sur LCI, ajoutant que le Parti socialiste avait «mis en garde l’UMP» pendant la campagne présidentielle de 2012.
«C’est aussi un échec cinglant pour Jean-François Copé qui était secrétaire général de l’UMP à l’époque et nous avions dit qu’il y avait une absence de respect des règles entre financement des activités de l’UMP (...) et financement du meeting de campagne de Nicolas Sarkozy», a-t-il encore dit.
«C’est une décision extrêmement surprenante. Il y a un flou dans tout cela...», a quant à lui réagi Jean-Christophe Lagarde, le porte-parole des députés UDI. «J’espère que les Sages ont précisé, pour l’avenir, ce qui est de l’ordre de l’exercice de la fonction... Pour l’avenir, nous aurons besoin de clarification ou alors ce sera à nous, législateurs, de clarifier les choses par la loi pour permettre à un président sortant d’exercer ses fonctions jusqu’au bout et aussi de faire campagne», a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a dépensé près de 23 millions d’euros pour sa campagne électorale. La loi prévoyant que soient remboursés 47,5% des dépenses engagées, il ne pourra prétendre à ce remboursement forfaitaire, qui équivaut à quelque dix millions d’euros. C’est la première fois qu’un candidat accédant au second tour d’une élection présidentielle voit son compte de campagne rejeté.