CHYPRE - Un accord de principe a été trouvé dans la nuit de dimanche à lundi entre le président chypriote Nicos Anastasiades et ses bailleurs de fonds internationaux sur le sauvetage de Chypre, qui prévoit notamment la fermeture de la deuxième banque du pays. Cette nouvelle a soutenu la Bourse de Tokyo qui a ouvert en hausse de 1,37% lundi matin. L'accord prévoit la disparition de la banque Laïki, la deuxième du pays, selon une source européenne.
Les petits déposants seront épargnés mais ceux avec des dépôts au-dessus de 100.000 euros subiront des pertes. Selon une seconde source, l'accord prévoit que Bank of Cyprus, le premier établissement du pays qui compte beaucoup de déposants russes, ne disparaisse pas, mais que les déposants de cette banque, au-dessus de 100.000 euros, subissent des pertes pouvant aller jusqu'à 40%. La proposition d'accord, qui doit encore être étudiée par les ministres des Finances de la zone euro, prévoit de mettre en place une banque assainie ("good bank") et une structure de défaisance ("bad bank").
Pas de taxe sur les dépôts bancaires
L'idée d'une taxe sur tous les dépôts bancaires, prévue dans le premier plan concocté en fin de semaine dernière avait suscité un tollé. Elle a été abandonnée, selon la deuxième source. "Il n'y a pas de taxe", a-t-elle insisté. Nicos Anastasiades s'est entretenu tout l'après-midi et en soirée avec les présidents du Conseil européen, Herman Van Rompuy, de la Commission, José Manuel Barroso, de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, ainsi qu'avec la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde.
Ces discussions, dont l'objectif était de faciliter une "solution pour Chypre" avant l'Eurogroupe convoqué dans la foulée, se sont avérées déterminantes pour trouver un accord. Les Chypriotes doivent trouver les moyens de dégager 5,8 milliards d'euros nécessaires au déblocage des 10 milliards d'euros de prêt de l'UE et du FMI. Mais à des conditions qui satisfassent les bailleurs de fonds.
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Des négociations très tendues avec le FMI
Les tractations ont été très dures et ont duré toute la soirée. Les ministres des Finances se sont réunis avec quatre heures de retard, avant d'interrompre rapidement leurs travaux jusqu'à ce que le président Anastasiades et les dirigeants européens aboutissent à un accord de principe. Selon un haut responsable du gouvernement chypriote, cité par l'agence CNA, les tractations ont buté notamment en raison de l'attitude "rigide" du FMI, qui formulait "chaque demi-heure une nouvelle exigence".
En attendant, sur l'île, où les banques sont fermées depuis une semaine, les clients des deux plus grandes banques doivent composer avec une nouvelle limitation des retraits aux distributeurs à 120 euros par jour à la Bank of Cyprus, et 100 euros à la Laiki, selon l'agence CNA.
La colère monte dans le pays. Quelque 500 membres du parti communiste Akel, qui dispose de 19 des 56 sièges au Parlement, ont manifesté devant les locaux de la Commission européenne en scandant: "Ne cède pas, peuple de Chypre, bats-toi pour tes droits". Un engin explosion improvisé a légèrement endommagé une succursale de la Bank of Cyprus dimanche soir, dans l'agglomération de Limassol, une station balnéaire au sud de l'île, ont indiqué des médias locaux.
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Le HuffPost avec AFP | Publication: 25/03/2013 02:08 CET | Mis à jour: 25/03/2013 02:21 CET