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LEMONDE.FR avec AFP, Reuters | 24.12.11 | 10h03 • Mis à jour le 24.12.11 | 10h08

Le président cubain a annoncé vendredi 23 décembre la libération dans les prochains jours de près de 3 000 prisonniers, dont 86 étrangers de 25 pays pour des "raisons humanitaires". AFP/CHIP SOMODEVILLA
La décision du Conseil d'Etat de décréter l'amnistie a "pris en compte" la visite prochaine du pape ainsi que les diverses requêtes soumises par les dirigeants de l'Eglise catholique à Cuba et les familles des détenus, a déclaré le président Raul Castro lors d'une allocution devant l'Assemblée nationale cubaine.
L'Américain Alan Gross, qui purge une peine de quinze ans de prison pour avoir installé des connections Internet à Cuba dans le cadre d'un programme secret des Etats-Unis, ne fait cependant pas partie des détenus graciés, a précisé un porte-parole du gouvernement. Washington affirme que ce dernier ne faisait qu'aider des associations juives de Cuba à se doter de connections internet et a appelé à de multiples reprises à sa libération.
OPÉRATION DE RELATIONS PUBLIQUES
Selon Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine des droits de l'homme, cette décision du gouvernement est avant tout une opération de relations publiques. "C'est une mesure sans envergure de la part du gouvernement, destinée à améliorer son image internationale", a-t-il estimé.
En 2010, La Havane avait remis en liberté plus de 100 prisonniers politiques à la suite de négociations avec l'Eglise catholique. A l'occasion de la visite de Jean-Paul II, en 1998, Cuba avait libéré quelque 300 détenus, dont 101 prisonniers politiques. De telles libérations sont intervenues régulièrement à Cuba en signe de bonne volonté à l'issue de rencontres avec des dignitaires étrangers.
RÉFORME "LENTE" DE LA LOI MIGRATOIRE
Le président cubain a en outre réaffirmé sa volonté de promouvoir "lentement" une réforme de la loi migratoire qui permettrait d'alléger les restrictions de voyage appliquées aux Cubains depuis un demi-siècle. Avec l'ouverture des marchés des véhicules et des logements, la réforme des restrictions aux voyages est une des lois les plus attendues par la population, soumise depuis plus de 50 ans à de sévères restrictions de mouvement.
Parmi les principales mesures étudiées, figurent notamment la disparition des permis de sortie et d'entrée dans l'île et du concept d'émigration "définitive" qui implique la confiscation par l'Etat de tous les biens de l'émigré et l'impossibilité de son retour à Cuba
Les faits Après 50 ans de restrictions, Cuba se prépare à une réforme migratoire