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Des rebels dans le désert, près d'une base militaire de Bani Walid, en Libye, le 3 septembre 2011. AP Photo/Gaia Anderson
</aside>«Nous entrerons dans quelques heures, nous serons dans Bani Walid», a affirmé Mahmoud Abdul Aziz, l’un des porte-paroles des combattants libyens. Selon Abdul Aziz, les forces du Conseil National de Transition au pouvoir en Libye ont perdu patience après avoir tenté de négocier pour obtenir la reddition de la ville, bastion de partisans de Mouammar Kadhafi, qui se trouve à 150 km au sud de Tripoli. «Certaines personnes ont réclamé un délai supplémentaire. Mais nous leur avons laissé assez de temps, nous avons perdu patience»
Et si ces déclarations faisaient elles-mêmes partie des négociations? Les deux camps se livrent une guerre verbale faites de déclarations mensongères pour faire pression sur l’ennemi. Un peu plus tôt ce samedi, un ministre du conseil intérimaire avait ainsi déclaré avoir été informé que les défenseurs de Bani Walid s'étaient peut-être rendus. Mais selon des combattants proches du front, les négociations avec des dirigeants locaux n'ont produit aucun accord jusqu'ici.
Des combattants du CNT ont dit avoir établi une ligne de front à une trentaine de kilomètres de la localité du désert. Près du point de contrôle à 60 km de Bani Walid, un correspondant de Reuters a vu un grand nombre de combattants dont certains disaient se préparer à marcher sur la ville, mais on n'observait pas de combats.
«Nous surveillons tout»
Avec Syrte, ville natale du dirigeant libyen, et Sabha, dans le Sud, Bani Walid est l'une des principales poches de résistance des forces kadhafistes. Un ultimatum a été lancé ce samedi par le CNT pour que ces poches de résistance se rendent.
«Des réfugiés qui ont quitté Syrte nous ont raconté qu'il n'y avait plus de nourriture, de carburant, d'eau ou d'électricité dans la ville. Les familles soutenant Kadhafi obligent les civils à leur obéir. Elles les maltraitent», a encore expliqué un chef militaire du gouvernement intérimaire .«Nous avons donné une semaine à Syrte, Bani Walid, Djoufrah et Sabha. Cet ultimatum ne signifie pas que nous ignorons ce que font les partisans de Mouammar Kadhafi. Nous surveillons tout», a déclaré Moustafa Abdeljalil, président du CNT.
>> A lire: Les Libyens décideront eux-mêmes du sort de Kadhafi...
Cette déclaration fait écho à celle de Tarhouni qui a affirmé que le nouveau gouvernement savait où se trouve l'ancien «guide de la révolution libyenne» et que sa capture est sans doute proche.
Mise en route du pays
En attendant que les derniers bastions cèdent, le CNT prend peu à peu contrôle de l’ensemble des Institutions, et a annoncé que la production pétrolière des gisements de Misla et Sarir va reprendre dans une dizaine de jours. Une reprise de production fondamentale pour financer la reconstruction du pays, ravagé par six mois de guerre civile.
Moustafa Abdeljalil a fait savoir que des enquêtes étaient en cours pour mettre au jour des pratiques de corruption institutionnelle dans le pays.
Dans Tripoli, la vie reprend peu à peu son cours après les combats qui ont conduit à la prise de la capitale par les rebelles et la fin du ramadan.