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Il y a bien une vie après «Andromède». Quinze jours après avoir jeté l'éponge dans le projet de «cloud computing» à la française, emmené par le tandem Orange-Thales avec l'Etat, Dassault Systèmes reprend les affaires. L'éditeur de logiciels a annoncé ce matin le rachat de la société canadienne Gemcom, spécialisée dans la modélisation et la simulation géologique. Le montant de la transaction s'élève à 360 millions de dollars canadiens (277 millions d'euros). Financée entièrement en cash, elle devrait être finalisée en juillet.
Basée à Vancouver, Gemcom compte parmi ses clients les principaux groupes d'exploitation minière. «Les technologies de modélisation et de simulation permettent aux ingénieurs et aux géologues de modéliser et de visualiser les ressources en 3D, mais aussi d'améliorer durablement la productivité des mines», décrit Rick Moignard, le directeur général du groupe, dans un communiqué. «C'est un secteur en forte croissance. Avec cette acquisition, on fait une excellente utilisation de notre cash», se félicite Bernard Charlès, le PDG de Dassault Systèmes. Gemcom a vu son chiffre d'affaires bondir de 25% l'an dernier, à 90 millions de dollars. En trois ans, ce chiffre pourrait doubler, estiment les dirigeants de Dassault Systèmes.
Le numéro un français du logiciel poursuit sa stratégie de diversification, entamée il y a trois ans. Le rachat de Gemcom s'accompagnera de la création au sein du groupe d'un douzième secteur d'activité (ressources naturelles). En développant de nouveaux outils de simulation en 3D, Dassault Systèmes cherche à conquérir de nouveaux clients, dans le secteur minier mais aussi dans l'industrie pétrolière, où Gemcom ne travaillait pas jusque-là. La diversification en termes d'activités s'accompagnera d'une diversification géographique, avec la conquête de nouveaux marchés comme l'Afrique, l'Australie, l'Indonésie et l'Asie centrale.
Cette acquisition succède à celle de la société française Netvibes, en février, mais aussi à une dizaine d'autres opérations, toujours très ciblées, réalisées l'an dernier. «Dassault Systèmes a le chic pour dénicher de très bons relais de croissance. Ce qui n'est pas toujours facile, compte tenu du nombre limité d'acteurs dans la simulation», considère un analyste.
Dans un contexte macro-économique encore incertain, Dassault Systèmes continue d'afficher son optimisme. Les bons résultats financiers confortent les ambitions de l'éditeur de logiciels. Au premier trimestre, le chiffre d'affaires a progressé de 10% à 462,4 millions d'euros, et le bénéfice net a bondi de 13%, à 72,1 millions, incitant le groupe à relever ses objectifs annuels. Les revenus devraient augmenter de 6 à 8% et flirter avec les 2 milliards d'euros. Ce scénario enchante déjà les investisseurs : le titre a terminé la séance en hausse de 7,8%, hier, à la Bourse de Paris.