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«C'est un accident gravissime qui justifie la mobilisation de toutes les autorités sanitaires», a poursuivi Marisol Touraine. «Nous avons lancé des enquêtes administratives, en dehors même de la saisine de la justice», a-t-elle ajouté, exprimant sa «solidarité» et sa «sympathie» aux familles qui ont perdu leur nourrisson. «Je n'ai connaissance d'aucun autre élément grave, accident grave qui aurait pu être provoqué par l'utilisation de produits similaires», a encore indiqué la ministre.
Des poches pour alimenter les nourrissons par perfusion
Vendredi, le parquet a ouvert une enquête préliminaire après la mort début décembre de trois nourrissons à l'hôpital de Chambéry (Savoie). «L'enquête porte sur une éventuelle contamination par des poches alimentaires pour alimenter les enfants par perfusion», a expliqué Fabienne Moulinier, vice-procureure à Chambéry.
Les trois nourrissons, parmi lesquels deux prématurés, sont morts les 6, 7 et 11 décembre, «à la suite d'une dégradation brutale de leur état général», selon un communiqué de l'hôpital de Chambéry. Un quatrième, qui présentait des symptômes identiques dans la nuit du 15 au 16 décembre, a pu être sauvé in extremis. Les parents d'une des petites victimes, originaires de Haute-Savoie, ont déposé plainte contre l'hôpital le 23 décembre.
Les petites victimes ont manifesté les symptômes d'un «choc septique», un trouble grave de la circulation sanguine dû à une infection. «On n'est pas certain à ce jour que la responsabilité de l'hôpital soit établie. Il faut remonter toute la chaîne de production de ces produits et faire des analyses», a précisé la magistrate.
Les résultats des analyses attendus
Les produits en cause sont des «poches de nutriments fournies par un laboratoire extérieur», a expliqué Guy-Pierre Martin, directeur du centre hospitalier de Chambéry, précisant que l'établissement avait déposé plainte contre X. Selon le père d'un des nourrissons, les poches contaminées venaient d'un lot de 137 poches, dont 102 ont été détruites ou utilisées. Selon la vice-procureure, «certaines ont été utilisées et n'ont rien provoqué». Deux autres enfants ont «reçu des poches du même lot mais n'ont pas présenté de signes cliniques, malgré leur fragilité», a souligné l'hôpital.
Des analyses bactériologiques ont été confiées à un laboratoire désigné par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Les résultats sont attendus dans les prochains jours.
Mi-décembre, une aide-soignante de l'hôpital de Chambéry avait été mise en examen, soupçonnée d'avoir empoisonné ou tenté d'empoisonner neuf pensionnaires d'une maison de retraite de Jacob-Bellecombette (Savoie), qui dépend du centre hospitalier. Six de ces neufs pensionnaires sont morts depuis octobre. L'aide-soignante, âgée de 30 ans, a été incarcérée.


