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Décès de Patrick Ricard, fils de l'inventeur du pastis

Décès de Patrick Ricard, fils de l'inventeur du pastis

Publié le 18.08.2012, 00h29 | Mise à jour : 07h30   lien

ARCHIVES. Patrick Ricard, le président du groupe français de vins et spiritueux Pernod Ricard, ici en 2004 à Paris, est décédé ce vendredi.

ARCHIVES. Patrick Ricard, le président du groupe français de vins et spiritueux Pernod Ricard, ici en 2004 à Paris, est décédé ce vendredi. | AFP PHOTO/DANIEL JANIN
Il était le emblématique du groupe français de vins et spiritueux Pernod Ricard. Patrick Ricard, le fils du célèbre inventeur du pastis de Marseille Paul Ricard, est décédé brutalement à l'âge de 67 ans vendredi. Patrick Ricard n'était pas prédestiné à tenir plus de 30 ans les rênes du groupe.
 
Mais cet industriel autodidacte sut flairer les bons «coups» pour transformer l'entreprise familiale marseillaise en géant mondial des vins et spiritueux.

Dans l'ombre de son père Paul, le fondateur tout puissant du groupe, il débute comme attaché de direction à 22 ans, sans diplôme, après avoir été livreur et représentant dans cette entreprise où la promotion interne basée sur les mérites est alors mieux considérée que les parchemins universitaires.

Sa chance viendra de la décision de son père de prendre une retraite anticipée - même si celui-ci continue de peser sur les décisions jusqu'à sa en 1997 - et d'écarter son frère aîné Bernard, à qui la succession était normalement promise. Comme le fit un autre patron autocrate Francis qui écarta son fils aîné Nicolas au profit de Martin, un autre non-diplômé.

Quatre ans après la fusion fin 1974 avec Pernod, son principal rival dans les alcools anisés, Patrick Ricard devient, à seulement 33 ans, PDG de Pernod Ricard après le décès de Jean Hemard, le propriétaire de l'autre groupe marseillais.

Modeste, pratiquant mal l'anglais et peu porté sur les mondanités, Patrick Ricard a l'intelligence de bien s'entourer. Il s'appuie d'abord sur Thierry Jacquillat qui va conduire l'expansion du groupe avant de le recentrer sur les spiritueux après s'être délesté des boissons sans alcool, dont Orangina, et des vins français pour ne garder que ceux du l'hémisphère sud dont l'Australien Jabob's Creek.

Chasseur et mécène

C'est ensuite à Pierre Pringuet, actuel directeur général, qu'il confie au début des années 2000 la tâche de donner une dimension véritablement internationale au groupe grâce à une politique ambitieuse d'acquisitions. Une étape majeure est franchie fin 2001, quand Pernod Ricard se partage avec le numéro un mondial des vins et spiritueux, le britannique Diageo, les dépouilles du canadien Seagram, récupérant le cognac Martell et le whisky Chivas.

En 2005, cet amateur de chasse et du «petit jaune» qu'il était souvent seul à boire lors des cocktails, réussit un deuxième coup de poker en achetant le britannique Allied Domecq, propriétaire d'une pléthore de marques, comme le gin Beefeater, les champagnes Mumm et Perrier Jouët et le whisky Ballantine's.

Son groupe talonne le numéro un mondial Diageo (bière Guinness, vodka Smirnoff) après le rachat en 2008 du groupe suédois Vin & Sprit, propriétaire de la vodka Absolut, l'une des quatre marques de spiritueux dépassant les 10 millions de caisses vendues par an dans le monde.

A l'instar de son père, amateur d'art et ami de Dali et Picasso, Patrick Ricard lâche les rênes opérationnels du groupe à 63 ans, pour se consacrer à ses passions, comme l'opéra ou l'art moderne. Conseillé par sa deuxième femme Corinne, il joue aussi les mécènes, notamment pour le musée des Arts premiers du quai Branly.

En novembre 2008, ce père de trois enfants choisit pour sa succession Pierre Pringuet, son bras droit depuis huit ans qui devient le premier dirigeant du groupe extérieur à la famille Ricard, détentrice de 14% du capital. Il conservait néanmoins depuis son poste de président du conseil d'administration. Une façon, selon lui, de «prendre un peu de champ tout en restant toujours là».

LeParisien.fr

 

Pluie d'hommages après la mort du patron emblématique de Pernod Ricard

Publié le 18.08.2012, 02h52

 La mort de Patrick Ricard, fils de l'inventeur du pastis et président de Pernod Ricard, a suscité samedi une pluie d'hommages politiques et patronaux à son parcours de trois décennies à la tête d'un groupe qu'il a hissé au deuxième rang mondial des boissons alcoolisées.
La mort de Patrick Ricard, fils de l'inventeur du pastis et président de Pernod Ricard, a suscité samedi une pluie d'hommages politiques et patronaux à son parcours de trois décennies à la tête d'un groupe qu'il a hissé au deuxième rang mondial des boissons alcoolisées. | Joel Saget 
La de Patrick Ricard, fils de l'inventeur du pastis et de Pernod Ricard, a suscité samedi une pluie d'hommages et patronaux à son parcours de trois décennies à la tête d'un groupe qu'il a hissé au deuxième rang mondial des boissons alcoolisées.
M. Ricard, âgé de 67 ans, est décédé "soudainement" vendredi, ont annoncé Pernod Ricard et la famille. Selon des sources concordantes, il a succombé à l'hôpital de Toulon, après avoir été victime d'un malaise cardiaque sur l'île de Bendor, propriété de la famille près de Bandol (Var).
 

Pierre Moscovici, Le ministre de l'Economie, a déploré "une lourde perte pour la communauté des entrepreneurs français, dont notre pays a tant besoin en cette période de crise".
Ses homologues de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Stéphane Le Foll et Guillaume Garot, ont loué la "réussite" d'un patron "visionnaire".
Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a rendu hommage à "l'un des entrepreneurs les plus emblématiques de la réussite française dans le monde".
Patrick Ricard avait "su diversifier et internationaliser le groupe sans jamais dévier de sa vision: la montée en gamme de ses marques", a souligné la présidente du Medef, Laurence Parisot. Il était un "acteur essentiel" du secteur, pour l'Association nationale des industries alimentaires (Ania).
Dans la lignée de son père, cet homme exceptionnel a été à l'origine de la création de milliers d'emplois dans notre région", a réagi Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, ville berceau de l'entreprise familiale.
De son côté la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a salué "un passionné de culture qui a soutenu, avec sa société et la fondation Ricard, la création contemporaine comme le développement des musées en faisant preuve d'une conviction et d'un sens de l'éthique exemplaires".
Le musée du quai Branly a rappelé qu'il était son "premier grand mécène", qui avait soutenu le projet de sa création "dès 2004 pour promouvoir un art accessible au plus grand nombre".
Né le 12 mai 1945, Patrick Ricard était le fils de Paul Ricard, l'inventeur du célèbre "vrai pastis de Marseille".
Entré sans diplôme en 1967 dans l'entreprise fondée par son père 35 ans plus tôt, il en avait pris la direction générale en 1972, trois ans avant la fusion avec Pernod. De 1978 à 2008, il cumule présidence du conseil d'administration et direction générale.
L'internationalisation sur le tard
En novembre 2008, Patrick Ricard avait abandonné cette dernière fonction, qu'il partageait depuis 2000 avec son bras droit Pierre Pringuet, un polytechnicien devenu le premier dirigeant du groupe extérieur à la famille.
Patrick Ricard, qui avait annoncé un an plus tôt son intention de lâcher les manettes opérationnelles pour une semi-retraite anticipée, avait néanmoins conservé les rênes du conseil d'administration.
C'est dans la dernière partie de son règne que Pernod Ricard a pris sa dimension internationale avec la politique d'acquisitions menée par Pierre Pringuet.
En 2001, le groupe s'empare d'une partie du géant canadien Seagram, bradé par la famille Bronfman et Vivendi, mettant la main sur deux "pépites", le whisky Chivas et le cognac Martell.
En 2005, Pernod Ricard devient le numéro deux mondial des vins et spiritueux, derrière le britannique Diageo, en rachetant Allied Domecq. Il récupère dans l'affaire le gin Beefeater, les champagnes Mumm et Perrier Jouët, et le whisky Ballantine's.
En 2008, l'acquisition de la vodka suédoise Absolut lui permet de couvrir toute la palette des spiritueux.
Pernod Ricard emploie 18.000 salariés dans plus de 70 pays, pour 107 sites de production. Le groupe, qui publiera le 30 août ses résultats 2011/2012, a dégagé sur les six premiers mois de l'exercice un bénéfice net en hausse de 20% à 800 millions d'euros. Son chiffre d'affaires sur neuf mois s'élevait à 6,3 milliards d'euros (+7%).
Amateur de chasse et d'art, M. Ricard était marié et père de trois enfants. Il était depuis 2007 commandeur de la Légion d'honneur.

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